Intruded

Intruded (Browser)
A Small Game (Christian Östman et Richard Aström)

 

 

1996, la 3D révolutionne le jeu-vidéo. Nintendo 64, Saturne, Playstation…ce qu’on envisageait comme de la Science Fiction est bel et bien réel, et on commence déjà à envisager la réalité virtuelle.

Cette 3D est moche : De gros polygones colorés qui voudraient nous faire croire qu’ils représentent un renard de l’espace, elle n’est absolument pas maniable : on découvre à peine le pad analogique, mais on est prêt à oublier ces menus détails, parce qu’on l’aime notre 3D. Il y a cependant quelque chose qu’on a du mal à pardonner, quelque chose qui maintes fois nous a fait nous arracher les cheveux : Ses mouvements de caméra et ses angles morts.

« Press X to toggle camera ». Cette seule mention dans les instructions du jeu pouvait suffire à nous faire trembler de peur. On repense notamment à hideux Batman et Robin qui pouvait nous laisser pourrir dans une alcôve hors champs. Le genre de situation qu’on s’est promis de ne plus jamais expérimenter.

Et pourtant…On va jouer à Intruded.

 

 

 

Intruded est un jeu d’exploration/aventure en 3D (mais pas sous Unity, ça change) . On y incarne une jeune femme cambrioleuse (à en juger par son masque de Rapetou). Celle-ci est à priori sur un coup. Pas un de ces coups minables de petites frappes, non, un coup magistral, un pour lequel on risque sa vie. Dans cet étrange bâtiment, tout cherche à lui nuire : passerelles survolant le vide, pics acérés, labyrinthes, boules de granit lâchées à pleine vitesse…Bref : les raisons de mourir ne manquent pas. Heureusement : Il n’y a pas de compteur de vies, Intruded n’est pas ce « genre » de jeu.

 

Mais alors, à quel genre appartient Intruded ? Vous vous en doutez : Aucun. Car Intruded propose un système de jeu très original.

Plutôt que d’être suivie par des caméras mobiles et habilement placées, comme c’est le cas pour tout (bon) jeu à la troisième personne, notre héroïne n’est visible qu’à travers les caméras de surveillance du bâtiment. Le joueur n’a aucun contrôle et les caméras se relayent sur son passage. L’intérêt, c’est que ces caméras présentent à chaque fois des angles de vue forts singuliers, et rarement adaptés à l’épreuve à traverser. Plongées, contreplongées, gros plans, plan larges, de dos, de face, de côté…tout y passe, sans oublier bien sûr les angles morts, cours moments durant lesquels vous ne pourrez vous fier qu’à votre mémoire.

Cette idée, que j’ose qualifier de géniale (mais je suis toujours trop enthousiaste), est appuyée par les graphismes : Une belle 3D que l’on a saccagé, floutée, assombrie, pour lui donner un air de VHS ou de numérique mal encodé. Un grain sale, des images saccadées…tout nous rappelle la qualité des vidéos de surveillance.

 

Les épreuves en soi sont extrêmement basiques : on avance sur des plate-formes, on évite les quelques pièges…rien qui traditionnellement ne devrait poser problème. Mais avec ce système de caméra, tout devient plus compliqué, et on se sent parfois honteux d’échouer dans des écueils aussi sommaires. Mais pour ceux qui encore trouveraient le jeu trop simple, on peut le pimenter en ramassant toutes les orbes cachées dans les niveaux, ou en y rejouant en Ghost mode, une fois le jeu fini une première fois.

 

Cet Intruded là, tel que je l’ai décrit, serait déjà un excellent jeu. Un de ces concepts qui marchent, dont on finit par se lasser, mais qui nous procurent néanmoins une expérience assez unique.

Mais le studio A Small Game a le sens des finitions. On pourra donc observer au début du jeu des écrans de crédits particulièrement inventifs, mais aussi, une surprenante évolution tout au long du jeu : Ce qui semblait être une histoire de cambriolage se transforme peu à peu en…je ne sais pas en quoi ça se transforme, mais c’est drôle, surprenant, et aussi carrément flippant. Rien que de repenser à ce…oh, et d’imaginer cette…Brrrrrrrr.

Autant vous dire que Intruded mérite vraiment d’être joué jusqu’au bout.

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3 Comments

  1. J’ai adoré l’ambiance et joyeusement détesté le gameplay !
    Donc les objectifs doivent être remplis uh uh. Extrêmement frustrant de rester coincé sur un obstacle dérisoire simplement parce que la perspective nous empêche d’apprécier correctement la quantité de pixels grossiers et floutés qui nous sépare de ce gros foireux de pic mortel.

    D’ailleurs ce jeu reprend un des grands canons du système de collision – celui qui me hérisse les petits poils – la liasion dite « super-ultra-über-dangereuse ».
    Quand tu frôles un objet censé te tuer (comme un pic), même si tu le touches d’un côté neutre, bien dans le sens du poil, sur une arête lisse réputée inoffensive… ben c’est pareil que si tu fais éventrer salement : tu crèves dans une explosion de sang frais.

    Ah ! Ce que je les hais ces collisions !
    Et du coup, ajouté au système de caméra inbuvable et à la 3D gazée, ce jeu est très bon dans son homogénéité :]

    Mais ce que j’ai préféré, c’est encore la musique ^^.

  2. J’ai pensé à exactement la même chose au même moment : Comment ces fichus pics géants peuvent me tuer si je les touche par le côté?!

    Je ne sais pas si c’était voulu ou non, mais en effet, pour ce passage, l’effet d’exaspération est réussi

  3. Fringale

    Bien bien aimé. Tout au long, je ne savais pas si c’était du lard ou du cochon : le jeu distille une espèce d’angoisse par petites touches, la musique abattant le gros du boulot d’ambiance, aidée par les éclairages et les angles de caméra « tu ne verras pas ce qu’il y a derrière ce tournant ». Les niveaux typés Tomb Raider cassent un peu cette dynamique, mais pour mieux la reprendre ensuite.

    Faut dire, j’étais sans doute conditionné à me faire peur tout seul : les caméras et la maniabilité ont rappelé à mon bon souvenir les vieux Resident Evil (et le peu que je connais de l’antique Alone in the Dark) ; ainsi que Silent Hill 2 pour la dégradation volontaire de l’image.

    Le petit épilogue était inventif et plutôt satisfaisant.

    Bon, sinon, elle est où la pétition contre les pics qui font exploser au toucher ? : D

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  1. VIDdEO | L'OUJEVIPO

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