2:22AM

222am2:22AM (Windows, Mac, Linux)
Albert Lai

 

Au beau milieu d’un jardin enneigé, nous sommes en train de creuser notre tombe, le moment d’après, nous nous faisons cuire un œuf, plus tard encore, nous arpentons un labyrinthe, et puis soudain, nous voilà en train de créer une rose. Il est 2h22 du matin, et la TV ne cesse de grésiller.

 

2:22AM est une expérience qui est difficile à décrire, mais ce qui est certain, c’est qu’elle doit se vivre seule, dans le noir, de préférence le soir avec l’esprit endormi, ou le dimanche matin avec la gueule de bois. Il faut être en mesure de déconnecter son esprit, d’être patient, et d’accepter de ne pas tout contrôler. 2:22AM se joue comme on regarderait les programmes de nuit de la télé publique : somnolent, docile, et en zappant de temps en temps.

 

Dans 2:22AM, les vignettes s’enchaînent comme si on passait d’une chaîne à l’autre. A priori déconnectées les unes des autres, elles sont d’une homogénéité troublante qui laisse penser qu’elles cachent un secret. Tantôt interactives, tantôt pas, elles nous plongent dans un confortable état de passivité, comme lorsque nous nous confortons dans la tristesse ou la mélancolie. 2:22AM n’a pas ouvertement de message ni de sujet, mais on ne peut s’empêcher de lui en chercher: est-ce une rupture amoureuse qui nous a mis dans cet état ? Sont-ce des envies de suicide qui nous traversent la tête ? Quelle pensée peut nous troubler au point de nous garder éveillé à cette heure tardive ?

 

2:22AM parvient à capturer ce moment précis où le sommeil et l’éveil se confondent. Sommes-nous vraiment en train de nous faire un casse-croûte ou est-ce juste une émission de cuisine ? Est-ce la pluie aux carreaux qu’on entend, ou le grésillement de la télévision ? L’alternance de saynètes modelées en 3D et d’autres, filmées, renforce cette impression, et en quittant 2:22AM pour revenir à notre écran d’ordinateur, on se demandera s’il ne s’agit pas simplement de vignette de plus. Il est trois heures du matin maintenant, et 2:22AM est toujours là.

 

Via Luca Colosso

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4 Comments

  1. jean-ryu

    wow quel trip… la satellisation des immeubles m’a curieusement flingué le moral. je suis le seul à avoir perçu une influence tres forte de Killer 7 niveau ambiance?

  2. jean-ryu

    ça ne pourrait que te plaire de ce que ce site me laisse voir. c’est un ovni métaphysique avec une atmosphère unique. il est tres haut dans mon top ten.

    • Pierrec

      Idem. on le retrouvera en Janvier dans les meilleurs jeux de l’année 2014 celui-là.

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