Octodad

Octodad (Windows)
DePaul University

 

Il y a un réalisateur que j’aime beaucoup, il est japonais, et il s’appelle Minoru Kawasaki.

Ses films, comédies à lamentable budget tournent de manière appuyée autour du même thème : L’animal intégré dans la société humaine.

Ainsi, il est l’auteur d’Executive Koala, le récit d’un Koala, cadre dans une grande firme japonaise, qui devient un serial killer, de Kani Goalkeeper, le récit d’un Crabe devenant gardien de but, ou encore de Calamari Wrestler, le récit d’un catcher changé en calamar.

 

Il y a un personnage que j’aime beaucoup, il avait son dessin animé au sein des Animaniacs, et il s’appelle Poulbot (ou Chicken-Boo).

C’est un homme admirable, il excelle dans bien des sports, bien des métiers, il est respecté des hommes, il est adulé des femmes…mais des rumeurs courent qu’il est en réalité un poulet géant…

 

Il y a un livre que j’aime beaucoup, il est de Kafka, et il s’appelle La Métamorphose…

 

 

Quel est le lien entre ces œuvres? Le mythe de l’animal fait homme (ou de l’homme fait animal), mais surtout : l’absurde, oscillant entre humour noir et rire jaune.

 

Littérature, Animation, Cinéma…il ne manquait plus que le jeu vidéo s’empare à son tour de ce thème et de ce ton. C’est la mission d’Octodad.

 

Réalisé par des étudiants de l’université de DePaul, à Chicago, Octodad est un jeu d’aventure en 3D au gameplay bien particulier. On y incarne Octodad, un poulpe qui a réussi socialement, qui s’est trouvé une femme et qui élève deux enfants.

Sa petite vie, nous pourrions la qualifier de routine, mais ce n’est pas vraiment le cas pour Octodad. Chaque action, chaque geste de son quotidien lui demande un effort surhumain (ou humain, tout simplement, ce qui est déjà difficile pour un poulpe) car en lieu de bras et de jambes, il ne possède que des tentacules.

 

Impossible donc de faire de ce jeu d’aventure un simple point and click, le gameplay doit s’adapter au fonctions d’un poulpe : mettre un tentacule devant l’autre pour avancer est un effort en soi, saisir un objet relève de l’exploit, et ouvrir le frigo du miracle.

 

Octodad devra donc s’acquitter des tâches du quotidien : Faire une partie de football avec son fils, vérifier s’il n’y a pas de monstres dans la placard pour rassurer sa fille, ranger le plan de travail ou mener à bien un diner romantique avec sa femme…

Ce sont donc de nombreux mini-jeux qui ponctuent Octodad, la force étant que le gameplay demeure toujours strictement identique. Tout l’intérêt et l’humour du jeu repose alors sur la maladresse du joueur, et son incapacité à assimiler ce gameplay stupide. En cela, Octodad prend des allures de méta-jeu.

 

Les développeurs sont parvenus à créer de nombreuses situations hilarantes, allant du rangement de cuisine apocalyptique, à la tentative illusoire de sortir de la chambre de sa fille sans faire de bruit. Le jeu est assez court pour se renouveler sans cesse, jusqu’à atteindre un sommet d’absurde lors du défi final que je tairais.

 

Indépendamment du scénario, le simple fait d’évoluer dans la maison en saccageant tout est un plaisir en soi, et pourra sensiblement allonger la durée de jeu.

Cet aspect pourra d’ailleurs rappeler Minotaur China Shop dont l’absurde n’est pas mal non plus.

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