Cathode Rays

Cathode Rays (Browser)
Christoffer Hedborg

 

C’est la moindre des choses, n’est-ce pas, que lorsque vous pressez le bouton « marche » de votre téléviseur ou de votre vieil ordinateur, son écran s’allume ? On ne saurait en effet s’attendre à moins. Mais vous êtes vous déjà demandé les effort qu’il fallait à cet écran pour répondre à vos attente ? A chaque allumage, ce sont des dizaines de rayons cathodiques de couleur qui doivent rejoindre l’anode, esquivant les obstacles d’autre couleur, buttant contre ceux de la leur, réfléchissant au travers de systèmes de miroirs mouvants, recommençant jusqu’à cent fois la même opération pour y parvenir et ce sur une vingtaine de niveaux!

Enfin…c’est ce que Cathode Rays veut nous faire croire.

 

 

 

Cathode Rays est un zero button game, soit un jeu qui n’utilise pour seule commande que les déplacements de la souris, le but est de faire converger différents rayons de couleur vers une même cible, sachant que tous pointent vers le curseur de la souris. En clair, il suffit donc de placer le curseur sur la cible.

Oui mais ce n’est pas si facile, car le tube cathodique est rempli d’obstacles, de barrières rouges, bleues, vertes, jaunes, auxquelles seuls les rayons de couleur correspondante peuvent se frotter. C’est donc un habile itinéraire que votre curseur devra tracer à travers l’écran, un itinéraire que seul les échecs à répétition vous permettront de trouver. Car en effet, Cathode Rays proposant un gameplay totalement innovant, seule l’expérience du jeu vous permettra de l’apprendre et de le comprendre.

 

Cathode Rays est très surprenant, car au final, ce n’est jamais qu’un labyrinthe, un système à travers duquel vous devrez trouver votre chemin, mais le fil d’Ariane est remplacé par une volée de rayons lasers, et la perception de ses murs en est complètement modifiée. Le minotaure, lui, a complètement disparu, et c’est tant mieux, le jeu était suffisamment difficile comme ça. Passé quelques niveaux de Cathode Rays, vous finirez par les distinguer, ces murs, sur cet amas de barrières colorées et de miroir, vous superposerez votre propre plan mental, tout comme les lignes de chiffres dans Matrix deviennent des informations, tout comme les vagues bariolées de Frequon Invader deviennent un radar.

 

Mais cette construction mentale ne sera pas suffisante pour venir à bout de Cathode Rays, car il vous faudra aussi la main ferme. Au moindre tremblement, à la moindre hésitation, vous verrez vos rayons se briser sous vos yeux et n’aurez plus qu’à recommencer depuis la cathode initiale. Tout comme dans ce jeu là, où vous devez suivre une tige de métal biscornue avec un anneau sans les faire se toucher, sans quoi une horrible sonneries vient vous violer les oreilles (mince! Il doit pourtant avoir un nom.).

 

Il n’y a finalement dans ce jeu que le choix de la musique qui me semble un peu incongru. Comment une horrible techno électronique pourrait-elle convenir à un jeu où le calme est de rigueur? Il est vrai que dans certains niveaux à miroirs, vos rayons multicolores créent une ambiance de boîte de nuit, ou de concert de Jean-Michel Jarre, mais j’aimerais bien voir quelqu’un finir ce jeu tout en se trémoussant.

 

Pour votre santé mentale, adoptez donc le silence.

 

(ps : je m’excuse auprès de toutes les notions de physique que j’ai pu massacrer dans son article. Je le ferais plus, promis.)

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2 Comments

  1. J’aime pas trop l’apprentissage par l’échec, ça me donne l’impression de réussir de la mauvaise manière :/

    J’aime bien jouer avec les lasers, cela dit.

  2. C’est vrai que j’ai bien aimé jouer avec les lasers, surtout dans les niveaux avec des mirroirs.
    Mais du coup je trouve ça pas plus mal qu’on se tromps plusieurs fois comme ça on a le temps de regarder. Parce que les quelques niveaux que j’ai réussis en bougeant la souris au hasard on été plus frustrant qu’autre chose.
    Et puis on a l’impression de s’approcher petit à petit de l’harmonie parfaite (à condition d’avoir coupé le son) ou de la grâce ou d’un autre truc du même ordre…

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