Brus

BrusBrus (Browser [Unity])
Erik Blåsjö

 

Que voyez-vous sur cette capture d’écran ? Est-ce un croissant de lune ? Un visage de femme ? Un crâne ? L’avis de décès d’une carte graphique ? Croyez-le ou non : il s’agit d’une peinture célèbre tombée dans le domaine public. Mais ne me demandez pas laquelle, j’ai été bien incapable de trouver la fréquence de celle-là.

 

Vous avez bien lu : dans Brus, chaque peinture correspond à une fréquence. Il faut imaginer celle-ci comme un point dont il faut trouver l’abscisse et l’ordonnée au curseur pour que les pixels s’alignent et restituent le chef-d’œuvre. Bien sûr, je simplifie : il n’y a pas de point, et il n’y a pas de curseur.

 

Brus est un jeu sensitif, une expérience synesthetique. Pour espérer dévoiler les tableaux de De Vinci, Munch ou Kandinsky, il nous faudra faire travailler de concert notre vue, notre ouïe et nos mouvements de souris.Comme Frequon Invader avant lui, le jeu ne s’adresse pas à notre logique, à notre adresse, ou même à notre expérience de joueur (à moins d’avoir déjà recherché la fréquence d’une Atari sur un poste hertzien) mais seulement à notre ressenti.

 

Brus n’est pas l’expérience la plus agréable qui soit, et il pourra mettre nos sens et notre patience à rude épreuve. Mais quand, les yeux rougis et les oreilles meurtries, nous commencerons à entrevoir l’objet de nos recherches, nous pardonnerons à Brus tout le mal qu’il nous a fait, et nous en redemanderons.

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