Le Tireur à la ligne

Pour inaugurer la catégorie « Trucs oujevipiens » voici une proposition de contrainte oujevipienne que j’avais faite sur le forum Djiko. Si un game designer passe par là est est intéressé par une ou plusieurs des idées développées, qu’il se sente libre de les utiliser.

 

Le tireur à la ligne (ou farcisseur)

En littérature, le tireur à la ligne consiste à, a partir d’une première phrase donnée, insérer à chaque étape un ou plusieurs mot dans chaque espace, et ainsi creer une nouvelle phrase, plus longue, dont le sens peut être completement différent.
Parce que j’ai conscience que ce n’est pas clair, voici un exemple :

Dieu est amour
Dieu, cet enfant est un amour !
Nom de Dieu ! cet enfant est un démon, mon amour !

Ce procédé à été repris en bande dessinée, où à chaque étape, une nouvelle case se glisse dans chaque espace inter-iconique. Je n’ai pas d’exemple sous la main, mais vous pouvez trouver les recueils de l’oubapo dans toutes les bonnes librairies BD.

Sur le shéma ci-dessus (MS Paint mon amour) vous pouvez observer une application de cette contrainte dans le jeu vidéo.

J’imaginerais une sorte de jeu de plateforme, dont chaque niveau serait enrichi de nouveaux écrans (ce qui n’empeche pas que le décor demeure déroulant, comme dans tout bon jeu de plateforme)

Niveau 1 : A+A  ex : Départ + arrivée
Niveau 2 : A+B+A  ex : Départ + checkpoint + arrivée
Niveau 3 : A+C+B+C+1 ex : Départ + pics+ checkpoint + pics + arrivée
Niveau 4 : A+D+C+D+B+D+C+D+A : Départ + ennemis + pics + ennemis + checkpoint + ennemis + pics + ennemis + arrivée.
Et caetera.

Nous obtiendrons donc un jeu de plateforme à difficulté croissante, certes répétitif vu comme cela, mais la répétition peut avoir du bon, en témoigne l’excellent « This is the only level » ( http://armorgames.com/play/4309/this-is-the-only-level )

Il n’est pas obligatoire non plus que les ajouts ( B, C, D…) soient identiques comme je l’ai fait dans mon schéma, on peut simplement imaginer un jeu s’enrichissant au fil des niveaux.

On peut aussi imaginer cela transposé en un jeu d’aventure point’n click, s’enrichissant de tableaux.
Avec au départ une énigme simple : Je prend la clé – J’utilise la clé sur la porte
Puis des complications : Je prend la clé – Je la nettoie dans la bassine -j’ouvre la porte
Je prend la clé – je prend le chat – je nettoie la clé dans la bassine- je met le chat dans le micro-onde – j’ouvre la porte
(D’accord, l’exemple n’est pas des plus pertinents, mais c’est à creuser)

De la même manière, la contrainte du tireur à la ligne peut s’appliquer à un shoot’em up, à un grow-like, ou, plus facilement encore, à un storytelling (mais on serait alors très proche des applications de la contrainte en littérature ou en BD, peut-être moins intéressant)

 

Le domaine des possible reste ouvert. Vive l’Ou-po.

6 commentaires sur “Le Tireur à la ligne

  1. admin dit :

    Mince, je connais ce jeu mais je n’y avais pas vraiment pensé. Ce n’est pas exactement le même principe, mais c’est sans doute ce qui s’en rapproche le plus. Je finirais peut etre par faire un article dessus vu que ma grande peine est qu’aucun jeu Nitrome n’est présenté sur ce blog, alors qu’ils sont tous excellents sans exception.

    Il faudra rattraper ça.

  2. admin dit :

    Je n’ai pas tout compris à ce qu’en dit Wikipédia, mais je vois exactement ce que tu veux dire (A – AB – AB A…) Peut-être l’oulipo s’en était-il inspiré, ce mouvement a toujours été très au point du côté mathématiques.

    En tout cas ça me donne envie d’en faire une contrainte. Reste à savoir comment l’utiliser intelligemment…

  3. admin dit :

    Ha merci! C’est exactement à cet exemple que je pensais en écrivant cet article. Il est présent dans le tome 1 de l’Oubapo il me semble

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