Les projets de l’Artgame Weekend 4

 

L’article d’aujourd’hui est un peu particulier car à moins de vous rendre à l’Hybride (Lille), le 29 Novembre, vous ne pourrez jamais jouer à la plupart des jeux évoqués. Ceux-là ont tous été réalisés en 48h pour l’Artgame Weekend 4, et prennent pour thème le corps, les contrôleurs singuliers, et la performance. Préparez-vous à être bluffés.

 

 

 

Holy Shit

 

Je vais oublier toutes mes notions de politesse et commencer par celui auquel j’ai modestement participé : Holy Shit. Il se joue à dix, à l’aide de dix souris connectées à un même ordinateur (si, c’est possible). Pour compliquer le tout, ces souris sont disposées sur une petit table Ikea (Lack, pour les connaisseurs), agrémentée par nos soins de divers obstacles et diverses matières. 9 des joueurs incarnent un aliment à l’écran, tandis que le dixième joue une petite crotte cherchant à les contaminer. Une fois converti, l’aliment pourri peut alors se mettre à son tour en chasse de ses camarades, le dernier à conserver sa fraîcheur est déclaré vainqueur. Évidement, c’est très vite le chaos : les souris s’entrechoquent, les fils s’emmêlent, les joueurs pestent contre ce « tapis de souris » clairement inadapté, et la bataille se joue aussi bien à l’écran que sur la table.

 

Space Ship

 

Si vous avez déjà joué à Faster Than Light, qui plus est à plusieurs en buvant des bières, vous avez certainement pensé « hé, comment ça serait trop bien en FTL en multi ou chacun incarne un membre de l’équipage ! ». Hé ben voilà, Space Ship, c’est ça, en fait c’est même encore mieux. Six ordinateurs représentant les différentes salles du vaisseau sont disposés aux quatre coins du bâtiment (oui, je sais c’est difficile, mais un peu d’imagination bon sang!), tandis que chacun des trois joueurs se voit attribuer un rôle (marine, ingénieur, pompier). Ceux là vont alors observer les salles dysfonctionner les unes après les autres depuis l’ordinateur central, et vont devoir s’y rendre en courant pour tenter de limité les dégâts si leur spécialité le leur permet, l’objectif étant de tenir trois pauvres petites minutes. Trois minutes, ça semble court, mais quand des aliens se téléportent dans la salle des moteurs alors que le marine est déjà occupé à désactiver une bombe et que l’ingénieur est en train étouffer suite au hack du des pompes à oxygène…trois minutes, c’est long.

 

Live

 

Seul face au drap blanc, Live consiste à créer son propre spectacle de sons et surtout de lumières pour un public ou pour soi-même. Comment ? En agitant les bras, en dansant, en faisant des pas en avant, des pas de côté…ces mouvements sont alors détectés par la Kinect qui produit à l’écran des explosions de couleurs. Comme il est impossible de réellement contrôler ce qui se passe à l’écran (autrement en bougeant ou s’immobilisant), Live ouvre la porte aux figures libres et à l’improvisation. Ce qui se passe devant l’écran est tout aussi important que ce qui y est projeté.

(La photographie ci-dessus rend malheureusement peu hommage à Live, obscurité de la salle oblige, si quelqu’un a une meilleure photo, je suis preneur.)

 

Necronomicon

 

Trouver Necronomicon est un challenge en soi. On ne met pas si facilement la main sur le grand livre des morts. Une fois qu’on l’aura déniché cependant, au fond d’un couloir obscur, on pourra s’asseoir aux côté de notre adversaire, face à une ardoise, à un écran, et se livrer à une bataille d’invocations. Dans le Necronomicon figure un bestiaire, présentant chaque démon ainsi que la glyphe permettant sa conjuration. Il faudra alors s’entourer des bougies (éteintes, parce que détecteurs de fumée), prononcer l’incantation (pas obligatoire) et reproduire enfin la glyphe à la craie sur l’ardoise. Si le rituel est correctement exécuté, le démon apparaîtra à l’écran, effectuera ses attaques, puis retournera dans son plan infernal. Si le système de combat est extrêmement sommaire, le système de reconnaissance visuelle est en revanche bluffant, combinant technologies de pointes et savoir ancestral.

 

Shooting Yetis with machetes

 

Shooting Yetis with machetes, ce n’est pas un, mais deux jeux. L’un est en 2D vue de côté, l’autre en 3D, et tous deux consistent à abattre des yetis en leur balançant des machettes (ben oui). La version 3D cependant demeure bien plus intéressante puisque les machettes y sont propulsées à l’aide de roquettes, les yetis y sont morts-vivants et volettent de manière aléatoire le long des couloirs, et notre armure anti yetis morts-vivants-volants nous y rend totalement invulnérable. Oui c’est du grand n’importe quoi, et comme tout grand n’importe quoi, c’est particulièrement jouissif.

 

Monkeys vs Cakes

La manette de Monkeys vs Cakes, vous l’avez dans votre poche, c’est votre smartphone ou votre tablette (si vous avez de grandes poches). L’écran en revanche, c’est bien celui de l’ordinateur, sur lequel figurent des singes et des cakes flottant dans l’espace. On retrouvera ce même espace sur l’écran des smartphone, mais pas les personnages. Le but du jeu sera alors de toucher l’écran du smartphone à l’emplacement exact des personnages de l’équipe adverse (singes, ou gâteaux) afin de leur infliger des dégâts, ou à l’emplacement exact de ceux de notre équipe afin de les soigner. Passer constamment de l’écran d’ordi à l’écran de smartphone peut sembler une gymnastique compliquée, mais ce n’est pas du tout le cas. Une fois que nos doigts ont pris leurs marques, on ne regarde plus le smartphone, et on vise avec une bonne aisance. Je n’ai pour ma part joué au jeu qu’à quatre joueurs, mais rien n’empêche d’y jouer à cent joueurs, répartis en deux équipes, pourvu que chacun ait amené son téléphone.

 

Cerebro

 

Cerebro (à ne surtout pas confondre avec Serebro…vous me remercierez plus tard) est clairement le plus étonnant des jeux de l’artgame weekend, car celui-ci ne se joue ni avec une manette, ni un clavier, ni une caméra, ni même une souris…mais avec son cerveau. Oui, vous avez bien lu : une fois sur notre tête, le casque de Cerebro détecte notre niveau de concentration, et fait évoluer le jeu en fonction. Détendez-vous et les scènes à l’écran suivront, concentrez-vous sur un calcul mental ou sur quelque chose qui vous énerve et tout s’agitera au contraire, donnant à voir des d’hypnotiques animations. Ce n’est pas le futur, c’est le présent, et la technologie utilisée fonctionne déjà assez bien pour envisager toutes sorte de jeux l’utilisant. Évidemment, il n’est pas toujours facile de se concentrer/détendre sur commande, mais après un week end passé à le tester, les membres de l’équipe Cerebro avaient maîtrisé la gymnastique.

 

 

Keyboard Mandala

 

Celui-ci se joue à deux, mais pas face à face, ni côte à côte. Assis sur le canapé, une manette dans les mains, le premier joueur explore ce qui s’apparente d’abord à un désert. Debout derrière lui, le second joueur se charge de remplir l’environnement de divers objets 3D…à l’aide d’un synthé ! Il n’y a pas vraiment de but dans Keyboard Mandala, ce qui permet d’y jouer de nombreuses manières différentes. Le musicien pourra composer ses propres mélodies, et les donner à voir à l’autre joueur, il pourra au contraire modeler le monde à sa guise et entendre le son qui en découle, ou les deux joueurs pourront encore œuvrer main dans la main en se donnant leurs propres objectifs, comme se hisser le plus haut possible, le musicien créant les plate-formes permettant à l’autre de grimper. D’une richesse folle pour un jeu fait en 48h (il n’y a pas loin d’une cinquantaine d’objets différents si je ne m’abuse), Keyboard Mandala a tout pour produire des expériences inimitables…comme lorsque les cheminées d’une gigantesque usine viennent se dresser sous les pieds du joueur.

 

 

Rock’n’dolls

 

Rock’n’dolls traite de musique lui-aussi, mais avec des instruments qui ne sont pas « numériques », puisqu’il s’agit d’une basse et d’une guitare électrique. Cette fois, nous sommes au volant d’une moto+side-car qui dévalent ce qui ressemble à une piste de Guitar Hero, la ressemblance s’arrête pourtant là car il ne s’agit aucunement de reproduire de bêtes notes à l’écran. Tandis que le bassiste va gratter ses quatre cordes pour faire avancer l’engin, le guitariste va devoir viser du bout du manche divers objets à droite et à gauche de la piste, et les abattre de ses riffs impitoyables. Forcement, que c’est Pyrofoux et moi qui jouons, ça ne donne rien de très agréable à l’oreille (même si le jeu ne nécessite aucune compétence musicale pour arriver au bout), mais dans les mains de vrais guitaristes, ça donne quelque chose de très impressionnant, et définitivement rock’ n’ roll.

 

 

CHIRAC

 

« Votez utile, votez CHIRAC » Avec un slogan pareil, il était impossible que le projet Chirac n’obtienne pas le nombre de voix nécessaires pour être monté, et c’est tant mieux, parce qu’il aurait vraiment été dommage de passer à côté d’un jeu aussi barré. Dans CHIRAC, nous incarnerons une sorte de chèvre-garou affamée qui devra 1) se repaître d’hommes et de femmes taureaux (un peu comme des minotaures, mais à l’envers), 2) mâcher, 3) pisser, tout en écartant de sa bite poilue des piranhas désireux d’y goûter, 4) atteindre l’illumination (on me souffle dans l’oreillette qu’il ne s’agirait pas d’une chèvre garou, mais d’une chèvre normale, pas d’homme taureaux, mais d’hommes déguisés en chevaux et de chevaux déguisés en hommes, pas d’un sexe, mais d’un prolapse géant, et pas de piranhas, mais de fruits avec des bouches…je ne sais pas si ça vaut mieux) Cette succession de mini-jeux se joue en martelant les touches du claviers, à coups de poings s’il le faut, et évoquera à la fois (pour notre plus grand plaisir) le Keyboard Drumset Fucking Werewolf de Cactus et le Bang Bang Roguelution de Sos. Ou Ha Hi Ah oU A EuUh!

 

 

Prepare to meet thy god

 

Sans aucun doute le plus sombre, mais aussi le plus immersif des jeux de ce week end. Prepare to mee thy god n’est autre qu’une simulation de démineur…mais quelle simulation ! Combinaison intégrale, gants, masque, salle obscure, compte-à-rebours, fils à couper à la pince…c’est simple: hormis les explosifs, tout y est ! On fait le malin au début, mais enfermé seul dans la pièce, la pince à la main, face à la bombe dont le code nous échappe, on commence à suer à grosse gouttes. Il nous faudra pourtant prendre une décision, et couper dans le bon ordre les cinq fils sous peine de provoquer un désastre matériel et humain. Histoire d’ajouter au stress, nous sommes observés par le QG, car une caméra située au dessus de la bombe leur permet de suivre nos hésitations et potentiellement nos erreurs en direct. Complexité des préparatifs obligent, une quinzaine de personnes seulement a eu l’occasion de frotter à la bombe, mais il est certains que tous ceux-là ont vécu dans cette pièce quelque chose d’inoubliable. (Je suis parvenu pour ma part à la désamorcer et ainsi sauver l’Imaginarium à 40 secondes de l’explosion…par pure chance).

 

 

Adsono

 

De tous les projets, Adsono est le seul à ne pas avoir abouti, tout marchait pourtant…mais jamais tout en même temps. Comme le montre cette photo de Jonathan Penot (j’en avais pas alors je la pique), il s’agissait pour les deux joueurs de revêtir des boutons sur les bras, les jambes, le ventre et la poitrine, et de presser ceux de l’autre dans l’ordre qu’il aura imposé, à la manière d’un Simon PvP. Histoire d’ajouter un peu de piquant, chacun des boutons était pourvu d’une LED et d’un vibreur…autant dire que ça fait envie ! Fort heureusement, l’équipe a annoncé vouloir poursuivre le projet, et on a donc de grandes chances de le recroiser.

 

 

 

Si vous n’avez pas la bave aux lèvres à la découverte de ces douze projets complètement dingues, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche chez vous. J’ai été pour ma part plus que ravi de participer à cet événement, qui m’a confirmé qu’il existe encore des tas de voies à explorer dans la création de jeux vidéo. Un grand bravo et merci à tous les participants, à tous les organisateurs, et au prestigieux jury qui s’être déplacé de si loin pour tester nos créations.

 

 

(la photo de une est piquée à Léon Denise)

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4 Comments

  1. « que c’est Pyrofoux et moi qui jouons, ça ne donne rien de très agréable à l’oreille »

    Peut-être, mais j’avais une coiffure exceptionnellement rock’n roll !

    Blague à part, c’était génial sur tout les points. Je commence à me demander si je pourrais pas participer l’année prochaine… 🙂

  2. Ça a été surprenant de voir que tous les projets étaient avaient une finition visuelle assez importante. On a eu droit à une excellente édition où les rencontres étaient aussi épiques (Sos, quel grand malade

  3. Edward Greysky

    Et bien, c’est très intéressant ! Pour une fois que quelque chose de ce genre à lieu dans le nord en plus !

    Si j’en avais eu vent plus tôt, j’aurais tenté de participer.

    En tout cas, j’essaierai d’être présent le 29 novembre pour découvrir ces jeux !

  4. Moi je veux participer à la prochaine!
    Et avec pyrofoux! (et un dico)

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