Candy Box

Candy box (Browser)
Aniwey

 

 

Tu as 20 bonbons.

Tu en manges 7, puis en jettes 10 sur le sol.

Combien reste-t-il de bonbons ?

 

Candy box débute par ce qui pourrait ressembler à ces problèmes mathématiques qu’on nous sert au CP, mais très vite, on se rend compte que quelque chose cloche : on a beau s’empiffrer, on a beau jeter et piétiner autant de bonbons qu’on le souhaite, ceux-là défient les lois de la soustraction et persistent à s’additionner. C’est comme un rêve d’enfant qui se réalise, et encore…ce n’est que le début.

Bientôt, on se retrouvera à troquer nos bonbons contre des sucettes, puis à les faire fructifier pour obtenir encore plus de bonbons, encore plus de sucettes. La source intarissable de sucreries se change en rivière, puis en fleuve, puis en mer. Ce n’est pas encore assez, et nous voilà parti à l’aventure, épée en main, pour multiplier encore notre capital carie.

Mais au fait, pourquoi nous lançons-nous dans cette course effrénée au bonbon ? D’autant qu’ayant mis le doigt sur la source, un peu de patience suffirait pour parvenir au même résultat…

Parce qu’en croisant ces divers fantasmes que sont les bonbons, la marchande et l’aventurier, Candy box nous fait retomber en enfance, et c’est bien connu : l’enfant est impatient.

 

Alors qu’il pourrait être vu comme une simple « blague », Candy box réalise une prouesse exemplaire : celle de reprendre à son compte les mécanismes pauvres (en interactions) et complexes (en équilibrage) du jeu social de type Farmville et compagnie, tout en les amputant de l’aspect prédominant qui leur a donné son nom : l’aspect social. Ça ne pouvait pas marcher, ça n’aurait pas du marcher, et pourtant, ça marche, et Candy box s’est fait plus social que le jeu social, se rependant comme une traînée de poudre, notamment sur Twitter, quand aucun aspect interne au jeu n’encourageait ce partage.

 

Reste à essayer de comprendre pourquoi ça marche. Les fantasmes enfantins évoqués plus hauts ne sont sûrement pas étranger à ce (relatif) succès, les graphismes en ASCII venant remplir la page originellement vierge du navigateur non plus. Mais comme pour Cow Clicker, je crois que c’est avant tout l’ironie qui fait mouche, permettant à toute une communauté de joueurs emplis de mépris pour le jeu social d’en expérimenter et apprécier sans remords les mécanismes. Candy box n’a pas tant de mérite : le jeu social s’est construit autour d’un tronc solide et addictif, et il lui a suffit d’élaguer les branches les plus pourries (notifications sociales, achats in-app…) pour rendre à ce gameplay sa majesté.

3 commentaires sur “Candy Box

  1. dit :

    c’est très simple pourquoi ça marche : parce-que le jeu est bon. le effet de surprise est parfaitement réussi, les quêtes sont active ( avec l’utilisation des potion) et intéressantes, chaque items et éléments aporte tous une légère mécanique qui change le jeu. Du coup Candies box n’est jamais ennuyeux.
    un autre détail important c’est que le jeu, à la différence des jeu sociaux n’est pas chiant, il ne demande pas de venir jouer toues les deux heures. il ne demande pas d invitée au moins trente cinq amis pour pouvoir effectuer x caisse et surtout poster un record redevient un plaisir, plus qu’une tâche à accomplir.
    dernier détail, c’est que la collaboration via les réseaux sociaux est parfois utile notamment pour connaître la réponse à une énigme ou la conséquence de telles choix. il y a encore beaucoup de choses à dire mais voici à mon avis pourquoi Candies box est bien un jeu social qui fonctionne.

  2. Itooh dit :

    ENFIN ! Je pensais être le seul à faire cette comparaison. =D
    Voilà carrément pourquoi je n’ai pas aimé Candy Box : j’ai dû y jouer trois ou quatre heures, avant de me rendre compte en passant à autre chose que la seule interaction que j’ai eu avec le jeu, c’est l’attente. L’attente pour débloquer des outils qui permettent de moins attendre, mais débloquent aussi des mécaniques qui donnent des raisons pour attendre davantage.
    Même principe que les jeux sociaux, O-Game, Little Inferno, ou A.V.G.M. Des mécaniques qui donnent l’impression au joueur de gagner quelque chose, et le motivent à s’investir davantage pour continuer à gagner et accumuler des récompenses… Qui ne mènent qu’à plus d’investissement. Ces mécaniques (un peu manipulatrices sur les bords) ayant fait leurs preuve, ça me semble logique qu’elles soient toujours efficaces avec un enrobage aussi simple.

    Mais bon, au final, ça reste un bon jeu quand même. 😮 La découverte progressive des règles du jeu est l’un des intérêts principaux (en plus de la grenouille, parce que les énigmes, c’est rigolo). Le jeu est vraiment bien construit, sans qu’il n’y ait d’artifice (comme des jolies animation… ou un réseau social, justement). Bref, pour ce que c’est (un projet étudiant, si je ne raconte pas de bêtises), c’est carrément bien fichu.

  3. admin dit :

    Je suis d’accord avec tout ce que tu dis 🙂 [Edit : je parlais à grifdail]

    @Itooh : Honnêtement, même si j’ai adoré le jeu, je ne suis même pas allé jusqu’à la grenouille ^^

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