You have no legs

You have no legs (Browser)
Martin Brochu

 

-Moi, quand je serais grand, j’irais explorer des temples aztèques oubliés et je déterrerais des trésors inestimables.

-Mais mon chéri, c’est impossible, tu sais bien que tu n’as pas de jambes…

 

Notre aventurier (que nous appellerons Robin a grandit (moins que d’autres évidemment) et n’écoutant pas les conseils de sa mère, commença des études d’archéologie.

Lors d’une sortie scolaire avec sa classe, son avion se crasha au dessus du Mexique. Seul survivant, Robin tomba dans les ruines enfouies d’un temple aztèque. Parviendra-t’il à s’en sortir?

 

 

You have no legq est le premier accessit du Game Developement Challenge de Something Awful, après Icarus Proudbottom où le héros s’envole en faisant des prout-prouts (les compétitions de Something Awful sont réputées pour le bon goût des maîtres de maison).

Le thème de la compétition était : You can’t, et en effet, sans jambe, on peut imaginer tout ce que notre Robin ne peut pas faire :

 

Égaliser le gravier, claquer des talons, faire craquer ses gros orteils, faire pivoter le pied sur sa pointe dans une posture faussement honteuse, battre le rythme, sauter dans les flaques, marcher sur le bord des trottoirs, glisser sur une peau de banane, marcher sur son lacet et pourtant ne pas tomber, shooter dans un caillou jusqu’à ce qu’il finisse dans le caniveau, faire du pied sous une table, s’asseoir en position du lotus et essayer de tenir le plus longtemps possible, ruiner ses baskets, jouer au basket, pédaler dans le lit pour le réchauffer, faire croire qu’on a fini le marathon, se faire chatouiller jusqu’à l’arrêt cardiaque, s’essayer au monocycle, tomber du monocycle et avoir mal quand on s’écorche le genou, tricher au tarot, grimper sur des épaules, être sexy en caleçon, retourner des animaux morts sans avoir à les toucher, se reposer dans le petit bassin, imiter Gene Kelly avec une canne et un chapeau, chanter toto le petit singe, rater la marche du bus, monter sur un tabouret pour atteindre la confiture, se tromper de pédale et emboutir un mur, faire des courses de rotule, accrocher l’étoile en haut du sapin, ne plus savoir sur quel pied danser, retrouver un ami dans la foule, taper aux couilles avec son genou, tenir sur une jambe pour prouver qu’on est pas bourré, faire le poirier, se faire des semelles compensées en écrasant des canettes, avoir peur des oursins, marcher à reculons dans la neige pour brouiller les pistes, se rappeler des règles de la marelle, faire des croches-pattes, appeler discrètement celui qui va faire tourner le joint, se faire marcher sur les pieds par un pote et faire semblant que ça nous a fait mal pour l’embêter, vérifier si l’odeur de merde qu’on sent ne viendrait pas de sous ses chaussures, tourner sur soi même jusqu’à en avoir le tournis, parodier la moonwalk, faire des glissades sur une plaque de verglas, être dessus pour faire l’amour, battre le record de bande à part, dévaler l’escalier quand on sonne à la porte, se cogner le petit orteil contre un meuble, s’essuyer les pieds avant d’entrer, courir ivre et nu sur la plage, tester au moins une fois la wii fit, jouer du piano debout, cueillir des cerises, se ridiculiser en talons aiguilles à une soirée pour déconner, sonner à une porte et déguerpir, filmer ses pieds, essayer dix paires de chaussures et partir sans rien acheter, sécher des cours de capoëra…

 

Mais Robin est aussi capable de choses extraordinaires, comme se trainer sur le sol à la force de son (unique?) bras, ou faire tourner celui-ci à 360° sans ressentir la moindre douleur à l’épaule. Balaise le mec.

 

Mais ce n’est pas ça qui va l’aider à se tirer d’ici.

Fort heureusement, les Aztèques ont développé par le passé un excellent système d’accessibilité pour handicapés : Des bracelets qui décuplent les forces pour grimper au mur, des gantelets pour déplacer ou détruire les rochers, des plumes pour se sentir plus léger…Faible compensation néanmoins, quand on sait qu’ils ont parallèlement truffé leur temple de pièges.

Le Gameplay (click and drag) évoque celui de Tri-Achnid ou de Feed me, sans pour autant les répéter, mais au fond, on s’en fiche du gameplay.

Ce qui est important, c’est le ton : Là où on croyait voir une blague de potache se dessine peu à peu un vrai jeu d’aventure prenant, avec une durée de jeu considérable. Si le gameplay peut être rebutant au début, You have no legs vaut vraiment le coup de s’accrocher (c’est le cas de le dire). Alors prenez la place de Robin, et prenez son handicap.

2 commentaires sur “You have no legs

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