Here (Windows, Mac, Linux)
Stefano Gualeni, Rebecca Portelli, Diego Zamprogno, Riccardo Fassone. Voix: Krista Bonello Rutter Giappone, Emily Short, Pippin Barr, Jasper Schellekens

 

Je suis maintenant assis au café en train de réfléchir à l’introduction de cet article. En fait non, sur mon carnet, je suis en train de l’écrire. Pas du tout ! Je suis assis devant mon ordinateur en train de la taper dans l’éditeur de texte…non, de la mettre en forme sur WordPress. À moins que cette intro n’attende patiemment sur un serveur qu’un internaute ou robot cherche à la consulter. Peut-être qu’elle est déjà en train de faire le chemin, de se charger dans l’onglet de votre navigateur. Peut-être même que vous êtes maintenant en train de la lire, en 2029, en vous demandant bien là où je veux en venir.

 

Dès qu’il sort du contexte de l’oralité, le mot « maintenant » se vide de tout son sens, ou plutôt : il se pare de mille autres. Il en va de même pour « ici », et c’est ce que Here va vous démontrer.

 

Comme si un adorable personnage de chaton, des dialogues savoureux et un voice-acting au poil (à la plume ou à l’écaille) ne suffisaient pas, Here se paye le luxe de nous faire réfléchir sur l’indexicalité. Un concept de philosophie du langage qui, s’il n’est pas difficile à saisir, mérite qu’on s’y attarde une quinzaine de minutes. Ça tombe bien, c’est tout ce dont vous aurez besoin pour venir à bout de Here. Je vous propose donc de vous y mettre dès maintenant, si cela a encore un semblant de sens pour vous.