Tottenham

Tottenham (windows)
Theta Games

 

A Paris, c’est une toile d’araignée, destinée à capturer le touriste égaré.

 

A Marseille, ce sont deux amants entrelacés qui semblent ne jamais vouloir se quitter.

 

A Barcelone c’est un arbuste dont les branches s’élèvent au ciel pour mieux saisir les rayons du soleil.

 

A Séoul ce sont des phasmes qui s’accouplent torridement.

 

 

A Toronto, un fil passe dans le chas d’une aiguille pour coudre un patchwork de langues et de communautés.

 

A Caracas, c’est une planche à repasser.

 

A Moscou c’est un piège grossier, creusé dans la terre, et recouvert de brindilles.

 

A Amsterdam c’est une barricade de fortune, de tables et de chaises entremêlées.

 

A Oslo, c’est un panier d’osier que l’on a pas fini de tisser.

 

A New York c’est la silhouette d’un homme qui tient le Queens au creux de sa main.

 

A Londres, enfin, c’est un space invader, plein de pattes et d’antennes. Un monstre symétrique de pixel ou de mosaïque.

 

Pas étonnant donc qu’une de ses stations, Tottenham Court Road, soit couverte de mosaïques de Sir Eduardo Paolozzi, pas étonnant non plus que Theta Games s’en inspire pour créer un jeu de pixels.

 

Dans un décor qui frise l’abstrait de très près, le joueur incarne un démolisseur chargé de déblayer la route aux lignes de métro pour qu’elles se rejoignent. Il devra également se charger de l’exécution des nuisibles avant que la ligne puisse passer. Le jeu adopte le gameplay d’un shooter, puisque l’engin de démolition tire des explosifs lorsque l’on presse la barre espace, mais dans un sens original, car le danger, ce sont surtout les débris des explosions provoquées. Dans Tottenham, vous êtes votre pire ennemi.

 

Outre ce gameplay innovant, c’est surtout l’esthétique de Tottenham qui séduit. C’est idiot mais…pourquoi personne encore n’avait jamais pensé à du pixel art « vu de haut »? Ce qui apparaît d’abord comme tableau abstrait emprunt de Mondrian ne l’est en fait pas du tout, ce n’est que l’organisation chaotique d’un souterrain urbain.

 

L’abstrait demeure néanmoins assez présent pour qu’on s’amuse à imaginer une histoire d’amour, peut-être soufflée par le texte introductif. L’histoire de deux points, cherchant à se rejoindre, et dont vous êtes l’entremetteur.

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2 Comments

  1. Pnume

    Plutôt sympa ce jeu !
    Dommage que dès qu’on meurt, les graphismes deviennent très très brouillés, p’tete un bug du jeu (ou mon ordi qui fait des siennes).

  2. admin

    je n’ai pas ce bug. Peut-être faudrait-il le signaler à l’auteur

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