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Ian Brock, Josh Schonstal, Guerin McMurry (Incredible Ape)

Au début, il y avait la marche. On se déplaçait de gauche à droite, de droite à gauche, et on trouvait ça très bien. Puis un certain Mario est arrivé, fier de sa nouvelle trouvaille : le saut. Dès lors, tous les héros de platformer se mirent à l’imiter, et tous sautèrent.
A ce moment, ils pensaient réellement avoir atteint leurs limites. Que désirer de plus quand on peut déjà sauter ?

C’est là que deux nouveaux champions firent leur apparition : un hérisson et un opossum. Le hérisson, nommé Sonic, apporta le pas de course. L’oppossum, nommé Sparkster, apprit à ses congénères comment, à l’aide de roquettes fixées dans son dos, il parvenait à effectuer ce qui ressemblait à un double-saut.

 

Marche, course, double-saut. L’attirail des héros de platformer semblait cette fois bien complet. Ils se multiplièrent alors sur ce modèle sans savoir que quelques temps plus tard, une nouvelle découverte viendrait tout chambouler.

Ses instigateurs venaient de loin, ils portaient des cagoules et combattaient à l’aide de sabres ou de petites étoiles argentées. C’étaient les ninjas.

Leurs techniques étaient peu appréciées par les héros de platformer, on jasait :

–       Pourquoi s’embarrasser d’armes quand on peut tuer nos ennemis en leur sautant sur la tête ?

–       Ou en ramassant des fleurs de feu ?

–       Ou en dénichant des globes d’invicibilité dans des télés explosées ?

Mais tout ça n’était que pure jalouse, car ces guerriers d’Orient disposaient d’une technique inédite : ils pouvaient rebondir non plus horizontalement mais verticalement. Autrement dit : ils maitrisaient l’art du Wall-jump.

 

 

 

Dès lors, le petit monde du platformer traversa une terrible crise. Il y eu des scissions. Certains héros se rapprochèrent des ninjas pour tenter d’apprendre leurs techniques. Quelques uns y excélèrent : un morceau de viande hâché notamment parvint à rivaliser avec les plus grands. Mais la majorité rejetta d’un bloc cette technique barbare, pretextant que ce wall-jump n’était que fioritude, qu’il n’apportait strictement rien au genre, que la mode passerait.

 

La mode ne passa pas, mais le temps, si. Les ninjas ainsi rejettés méditèrent à leur vengeance pendant des années. Il leur fallait trouver un moyen de prouver à ses héros prétentieux que le wall-jump était un art bien plus noble que leurs terriennes déambulations.

Un jour, un jeune ninja aux oreilles de chat vint frapper à la porte du Shogun : il connaissait des gens qui pouvaient les aider. Leurs noms : Ian Brock, Josh Schonstal et Guerin McMurry.

 

Cette triade de développeurs fut convoquée par le Shogun Lu-Dum-Daré, et enfermés en sa demeure ils réfléchirent à la meilleure manière de consacrer la technique ancestrale du wall-jump et de l’élever au rang d’art platformel suprême.

 

Ils ne sortirent du pavillon que 72 heures plus tard, un sourire aux lèvres : /Escape était né.

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