Enemy of the solid state

Enemy of the solid state (Windows, Mac, Linux)
Bentosmile

 

Enfin ! Un jeu de Bentosmile sur l’Oujevipo !

Adorant Bentosmile, je n’ai pourtant jamais été convaincu à 100% par ses précédents jeux.

Paradoxal, mais pas tant : Bentosmile a un style à lui, la plupart de ses créations partagent un même graphisme influencé du manga et un même gameplay : celui de nouvelle interactives où il n’y a rien d’autre à faire que de choisir les réponses aux dialogues. Ça, j’adore.

Les thèmes et orientation de ses jeux précédents en revanche me laissaient tièdes : je les trouvais souvent trop courts, trop lisses ou trop peu interactifs.

 

Avec Enemy of the solid state, il m’a enfin convaincu : celui-ci se lit comme un roman d’espionnage. Pink Cat, le héros se voit donner des documents top secrets marquant la fin du gouvernement de Bratica (état d’Europe de l’est oublié de l’Histoire..et de la géographie aussi). Coup du sort : ces documents sont contenus sur une disquette…et qui en 2010 peut encore lire des disquettes ?

 

Pink Cat devra donc se faire balader de contact en contact pour trouver celui qui pourra lui imprimer les précieux documents.

 

 

Soumission pour la LD18 « Enemies as Weapon », EOTSS justifie son appartenance au thème de deux manières. La première réside dans le titre : si cette foutue disquette est l’ennemie de l’espion, elle est aussi l’arme qui le fera parvenir à ses fins. L’autre interprétation est la suivante : Pink Cat est un outsider travaillant à l’encontre du gouvernement Braticain, or, pour faire imprimer ses documents, il devra traiter avec les Braticains, qui n’ont aucun intérêt à l’aider. Il lui faudra alors les caresser dans le sens du poil afin d’obtenir ce qu’il veut, et donc, transformer ces ennemis en arme.

Ça sent la pirouette, mais ce n’en est pas moins ingénieux.

 

Réalisé en moins de 48 heures, EOTSS n’a pas pu avoir le même soin graphique que ses prédécesseurs, et c’est tant mieux : comme je l’ai évoqué plus haut, je trouvais les précédents trop lisse, celui-ci est parfait, avec ses décors vite brossés et ses personnages plus anguleux. L’ambiance d’EOTSS n’aurait pas été la même avec des graphismes trop kawaii. Voilà comment on peut taper dans le mille par accident.

 

L’ambiance, parlons-en :  Jim commentant le billet d’Indie Games (fiou…ils sont trop rapides ceux-là…) évoquait la ressemblance d’EOTSS avec un épisode de Cowboy Bebop.  Il est vrai que l’épisode 18 narre une histoire semblable (Spike et Jet remuant ciel et terre pour trouver un magnétoscope Bétamax), mais en lisant ce commentaire, je constate que ce n’est pas leur seul point commun : On retrouve aussi un héros classe et cynique, une galerie de personnages haute en couleur et loin des clichés, un humour fin et saupoudré à dose homéopathique, un prodigieux sens de l’ellipse, une SF à peine suggérée (sommes-nous vraiment en 2010 ? D’où vient cet état de Bratica ?) et enfin, une durée d’une vingtaine de minutes.

En fan absolu de Cowboy Bebop, je réalise maintenant que je ne pouvais qu’apprécier EOTSS.

 

EOTSS dispose de 3 fins (sans compter le game over) et d’une quinzaine de chemins pour y arriver (sans compter les echecs possibles), ce qui en fait la nouvelle interactive la moins linéaire qui soit. A ma 6ème session de jeu, je découvre encore de nouveaux contacts, et je crois pouvoir découvrir de nouvelles lignes de dialogue jusqu’à la 15ème au moins.

Ce que j’essaye de faire comprendre, c’est que jouer à EOTSS c’est bien, mais y rejouer, c’est mieux. Et puis ce serait dommage de louper le fameux LD0018. Je n’en dis pas plus.

 

Avant que vous ne testiez EOTSS (si ce n’est pas déjà trop tard) je vous conseille de jeter un œil à cette vidéo des gagnants de la nouvelle Star britannique : Jedward, afin que vous en saisissiez tout le sel (et histoire de vous faire mal aux yeux aussi un peu).

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