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Réminiscences

Atticus VII

Atticus VIIAtticus VII (Browser) Deconstructeam   De Ages of Irving à Gods Will Be Watching, Deconstructeam s'est distingué par sa manière de mélanger puzzle, gestion et narration. Atticus VII s'inscrit dans cette lignée, mais penche du côté narratif plus qu'aucun autre auparavant.

Zoom Zoom Zoom

Zoom Zoom Zoom (Windows, Browser [GameJolt])
Barry Atkins

 

2011, déjà. J'ai beau scruter l'horizon de la fenêtre de mon appartement, je ne vois toujours pas une seule voiture volante. Alors...pendant toutes ces années, on nous aurait donc menti ? Tout ce qu'on voulait enfant, pour les années 2000, c'était des bolides aériens pour slalomer entre les buildings, et qu'est-ce qu'on a eu à la place? Internet. Super! Merci du cadeau. Au moins maintenant, on peut se venger en téléchargeant illégalement tous ces films de science fiction qui nous ont vendu du rêve, ou alors, on peut compenser notre malheur en jouant à Zoom Zoom Zoom.

 

Zoom Zoom Zoom a été créé pour l'Experimental Gameplay Project du mois de Mai dont le thème est, je vous le donne en mille, Zoom. Alors qu'on se serait attendu à des jeux plus photographiques ou cinématographiques, Barry Atkins a pris le thème à contrepied en ne s'intéressant qu'à l'onomatopée : Zoooooom!

 

Plumet

Plumet (Browser)
Person333
By Bealdo

 

Une nouvelle catégorie s'ouvre sur l'Oujevipo. Il s'agit de la catégorie Invités. Ici, ce seront d'autres gens que moi qui vous parleront d'un jeu à leur manière, histoire de varier les plaisirs. Je vais essayer de faire une jolie place à cette catégorie, peut-être lui donner une charte graphique différente, on verra bien. Si certains d'entre vous sont intéressés, vous pouvez m'envoyez vos idées à pcorbinais[at]gmail.com .
En attendant, je vous laisse en compagnie de Bealdo.

 

Je ne sais pas comment écrire sur un jeu vidéo (et j'adore commencer un article sur un aveu d'échec). Demandez moi d'écrire un truc sur Hendrix et les grands prédateurs du Crétacé et j'enchainerais les pages comme mon petit cousin les pépitos à l'heure du goûter (sérieusement, ce gamin me fait flipper parfois). Mais un jeu vidéo ? Ces trucs ne m'ont jamais autant intéressé que la musique et c'est peut être due à mon éducation. Déjà je n'ai eu la PS1 que lorsque la PS2 est sortie c'est à dire à une période où tout le monde (moi y compris) s'en branlait un peu de la PS1. Ensuite, dans la cour de récréation j'ai découvert que posséder une PS1 était une raison suffisante pour se faire insulter de manière virulente par les petits cons qui avaient une Nintendo 64. J'ai aussi découvert que les possesseurs de consoles étaient assez peu nombreux dans mon école et que j'avais soudain un nombre considérable de nouveaux amis (dont un qui habitait à deux pas de chez moi et qui avait de la paille, avec peu être un peu de merde de poule sur ladite paille, partout dans son salon). Mes jeux préférés étaient alors des trucs dont personne ne se souvient comme Sled Storm (jeu de course en moto neige ou buter des lapins rajoutait des points) ou Dead Ball Zone (sorte de handball futuriste où l'on pouvait une tronçonneuse ou un fusil à pompe pour récupérer la balle).

 

Lee Lee's Quest

Lee Lee's Quest (Browser)
Marcus Richert

 

Parfois, il suffit de peu de choses pour transformer le plomb en or, l'eau en vin, Michael Bay en Jim Jarmush.

Lee Lee's Quest a tout du jeu moyen, vraiment moyen, du moyen-étalon sur lequel sont mesurés tous les autres jeux moyens...et pourtant...il a ce petit chose, cette idée ingénieuse qui le fait accéder au statut de « bon ».

 

Lee Lee's Quest dispose d'un gameplay de platformer moyen, le platformer étant lui-même le genre le plus moyen qui soit. Des plate-formes, des trucs à collecter, des powerups en forme d'étoile, des méchants qui meurent quand on leur saute dessus...Bref : du super mario bros en moins riche, et il n'y a guère que le petit plus du wall jump pour transformer ce gameplay sans intérêt en gameplay... moyen.
Côté graphismes, la capture d'écran parle d'elle-même : des décors « colorés », des personnages « sympathiques » : ni très impressionnant, ni vraiment désagréable...juste moyen.

 

Alors quel est ce petit plus, ce détail qui nous fera jouer à Lee Lee's Quest jusqu'au bout ?
C'est le voice-acting. C'est à dire les dialogues et les voix du jeu, confiées au seul Joshua Tomar qui fournit ici un boulot impressionnant.

 

Copaings

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Qui suis-je ?

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Even Cowgirls Bleed

Even Cowgirls Bleed (Browser)
Christine Love

 

 

S’il y a outil de création vidéo-ludique qui s’est fait remarquer cette année, c’est bien Twine. Twine permet de développer très facilement ce qu’on appelait il y a peu des fictions interactives, ou des jeux d’aventure textuels, et qu’on a tendance désormais à appeler “twines”, ce qui en soi atteste de son succès. Le principe n’est pas nouveau : les fictions interactives existant depuis les débuts de l’informatique, mais grâce à Twine, jamais leur réalisation n’a été aussi simple. Il s’agit donc d’un outil formidable de démocratisation tout comme de création.

 

Pourtant, je n’aime pas Twine.

 

 

Ce n’est pas tout à fait exact. Je n’aime pas en réalité l’utilisation que beaucoup en font. Basé sur l’hypertexte, Twine permet de créer des liens en plein milieu d’une phrase pour renvoyer à un autre paragraphe, et il s’agit là d’un usage très repandu dans ce qu’on peut appeler la communauté Twine (si communauté il y a, je n’en sais rien). Or, cet usage là me révulse au plus haut point.

 

Je comprends bien sa logique. Si je lis « qu’en ouvrant un album photo je tombe sur une photo de Paul et son chat et que cette vision me rappelle mon enfance. » Je pourrais par exemple cliquer sur album photo pour voir d’autre clichés, sur Paul pour savoir qui est cette personne, sur chat pour observer le chat avec plus d’attention et remarquer qu’il a une tarte collée aux poils et chie des arcs en ciel ou encore sur enfance pour lire en quoi consiste ce souvenir. C’est logique oui, mais ce n’est pas ma logique, et je n’ai pas l’impression que ce soit la logique de qui que ce soit (mais je peux me tromper).

 

Je suis pourtant bien de la génération Internet, j’ai l’habitude de cliquer sur un lien au milieu d’un article et d’aller poursuivre ma lecture ailleurs, mais voilà : quand je le fais, j’abandonne ma lecture, ciao, je vogue vers d’autres terres, je commence autre chose. Jamais je ne vais terminer un article puis revenir en haut de celui-ci pour cliquer sur le lien qui m’avait intrigué. Jamais non plus je ne vais abandonner un article pour un autre, puis revenir au premier là où je m’étais arrêté. Si le lien m’intéresse : clic droit, ouvrir dans un nouvel onglet, et je me le garde pour plus tard. Twine n’intègre pas (je crois) la fonction nouvel onglet, et dans le cadre d’une narration cela n’aurait d’ailleurs pas forcément d’intérêt.

 

Ce n’est pas comme cela que la pensée fonctionne : on pense à quelque chose, puis on est conduit à penser à autre chose, puis à autre chose, mais on ne revient pas tout à coup sur sa première pensée pour bifurquer vers une autre.

Ce n’est pas comme ça non plus que la conversation fonctionne : hormis sur le chat facebook quand on n’arrive pas à être synchro, on répond généralement à la dernière phrase de son interlocuteur, pas à celle qu’il a prononcé il y a trente secondes.

Dès lors, j’ai du mal à comprendre comment la narration peut fonctionner ainsi. Chez moi, elle ne fonctionne pas.

 

Si je clique sur un lien Twine au milieu d’un paragraphe/d’une phrase, je ne lirai pas le reste de ce paragraphe/de cette phrase, or bien souvent, c’est ce que le développeur attend de moi, preuve en est que passé un court moment je ne comprends plus rien. Souvent, ces paragraphes me permettent de revenir au précédent par un lien Back, mais c’est trop tard, j’ai perdu le fil. C’est bien simple : en jouant à des jeux Twine, j’ai l’impression d’être en permanence en train de chercher la ligne du bouquin où je m’étais arrêté parce qu’on ne cesse de m’interrompre.

 

Alors oui, je pourrais aussi bien lire les paragraphes en entier et me contenter de cliquer sur le dernier lien de celui-ci, souvent un Next, pour apprécier la narration sans papillonner. Mais dans ce cas là, pourquoi est-ce que je jouerais à un jeu Twine ? Imprimez-moi tout ça, reliez-le et envoyez le moi par la poste, je prendrais d’autant plus de plaisir à le lire confortablement dans mon lit.

 

Je n’ai même pas d’exemple particulièrement frappant, j’en ai un sous la main qui est au contraire plutôt mauvais : Depression Quest de Zoe Quinn dont j’avais adoré par ailleurs le Hitler or Lovecraft ?, jeu Twine lui aussi). Je n’en ai lu que du bien et pourtant, je l’ai abandonné dès la première page. Pourquoi ? Parce que celle-ci comporte pas moins de 4 liens au beau milieu du texte! Les autres n’en comportent visiblement pas autant, et le jeu semble adopter un gameplay de fiction interactive intelligent…alors pourquoi infliger ça dès la première page ? J’ai bien compris qu’il s’agit d’une manière de présenter le background du personnage pour qui le voudrait, une manière de ne pas surcharger de texte la première page et de ne pas faire fuir le joueur un peu farouche, mais n’y avait-il pas un autre moyen ?

Cet exemple montre bien je crois comment cette pratique est diluée dans Twine, communément acceptée, quand je la trouve contre-intuitive au possible!

 

 

Pourquoi ce long coup de gueule déjà ?

Ah oui, parce que je voulais parler d’Even Cowgirls Bleed.

Even Cowgirls Bleed est un jeu Twine lui aussi, qui utilise des liens en cours de texte lui aussi, mais dans ce cas précis, cela a du sens.

On y incarne une cowgirl à la gâchette un peu trop facile qui a tendance à tirer sur tout ce qui bouge. Une tumbleweed (amaranthe blanche si vous préférez) traverse le décor, et par conséquent le paragraphe ? BLAM! Je tire. Je me fous bien de ce qui pouvait se passer après, j’ai vu une cible mouvante, j’ai tiré, ça m’a échappé (le lien déclenché par le simple survol du curseur renforce ce sentiment), maintenant on enchaîne. Je n’ai pas ouvert une parenthèse, je me suis investi dans l’histoire, je n’ai pas pensé, j’ai agi dans l’immédiateté du moment, et le fait même que je n’ai pas lu la suite du texte a alors du sens…c’est même tout l’intérêt du jeu.

 

Il existe certainement des centaines d’autres manières intelligentes d’employer ces liens en cours de texte, et certaines ont sûrement déjà été trouvées. Mais tant que la majorité des créateurs Twine les utiliseront de manière que je considère gratuite et irréfléchie, j’entrerai toujours dans leur fiction interactive à reculons, et peut-être que je ne suis pas le seul.

 

(Merci à Simon Bachelier pour la suggestion)

  • 12 mars 2013
  • In 10 minutes

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4 Comments

  1. pyrofoux

    12 mars 2013

    C’est vrai que c’est un concept très intelligent. Personnellement, je verrais bien des boutons tous simples à la fin du paragraphe avec des icônes comme « – Retourner sur ses pas », « -Labourer cette vache », « Manger du TAUATIPLNI », « -Kamoulox »

    Mais… Je n’ai pas besoin de ce genre d’outils pour faire un jeu dans ce genre là. 🙂

    Reply
  2. Hell Pé

    12 mars 2013

    L’intérêt de Twine, à la base, est de forger des histoires « dont vous êtes le héros », qui comme dans leur version papier, ne mettent leurs renvois qu’à la fin des paragraphes (dans le cas de Twine, à la fin des pages donc). Si on commence à mettre des liens au milieu des paragraphes, on se rapproche plus des « text adventures » interactives des années 80, où certains mots-clés pouvaient appeler une description. Mais, dans ces derniers, les commandes s’entraient après les paragraphes…

    Après, on peut détourner Twine intelligement comme dans ce jeu, qui joue sur nos bas instincts pour faire défiler l’histoire. Perso, j’aimerias bien être capable de détourner Twine pour faire un truc comme [url=http://apokorunta.free.fr/calendrier/aventure/]l’aventure de Salut c’est cool[/url] 😆

    Reply
  3. admin

    13 mars 2013

    @Pyrofoux : mais l’intérêt de Twine est aussi de jouer avec le texte, et non pas les boutons 🙂

    @Hell Pé : Je suis bien d’accord, sauf que je rencontre ces liens internes dans énormément de Twine, même s’ils appliquent aussi ce gameplay « livre dont vous êtes le héros » cf. Depression Quest.
    Sinon je pense que Twine est tout à fait adapté pour faire des trucs comme l’aventure de salut c’est cool (il permet l’affichage d’images aussi) et donc, tu es es à priori tout à fait capable côté technique. Pour le reste, c’est à toi de voir 🙂

    Reply
  4. tarran

    19 mars 2013

    Dans le même style mais plus dans l’expérimentation littéraire il y a le site des 3espaces
    http://www.3espaces.com/accueil.htm

    Reply

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