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Réminiscences

Lava Walker

Lava Walker (Browser)
StormAlligator & Chelsea Saunders

 

 

Quelle durée de jeu peut-on offrir avec un jeu réalisé en une semaine ? 20 minutes ? 40 minutes ? 1 heure, cela semble déjà pas mal...mais voilà que je viens de mourir après une heure de jeu sur Lava Walker, et qu'il ne s'agissait à priori que du début.

 

La longueur d'un jeu n'est évidemment pas un critère très intéressant pour l'évaluer, mais lorsque celui-ci a été réalisé lors d'une game jam (le 7DRL challenge en l’occurrence) un jeu parvenant à capter notre intérêt pendant plusieurs heures force le respect. Car non content d'être long, Lava Walker est aussi bon.

Plumet

Plumet (Browser)
Person333
By Bealdo

 

Une nouvelle catégorie s'ouvre sur l'Oujevipo. Il s'agit de la catégorie Invités. Ici, ce seront d'autres gens que moi qui vous parleront d'un jeu à leur manière, histoire de varier les plaisirs. Je vais essayer de faire une jolie place à cette catégorie, peut-être lui donner une charte graphique différente, on verra bien. Si certains d'entre vous sont intéressés, vous pouvez m'envoyez vos idées à pcorbinais[at]gmail.com .
En attendant, je vous laisse en compagnie de Bealdo.

 

Je ne sais pas comment écrire sur un jeu vidéo (et j'adore commencer un article sur un aveu d'échec). Demandez moi d'écrire un truc sur Hendrix et les grands prédateurs du Crétacé et j'enchainerais les pages comme mon petit cousin les pépitos à l'heure du goûter (sérieusement, ce gamin me fait flipper parfois). Mais un jeu vidéo ? Ces trucs ne m'ont jamais autant intéressé que la musique et c'est peut être due à mon éducation. Déjà je n'ai eu la PS1 que lorsque la PS2 est sortie c'est à dire à une période où tout le monde (moi y compris) s'en branlait un peu de la PS1. Ensuite, dans la cour de récréation j'ai découvert que posséder une PS1 était une raison suffisante pour se faire insulter de manière virulente par les petits cons qui avaient une Nintendo 64. J'ai aussi découvert que les possesseurs de consoles étaient assez peu nombreux dans mon école et que j'avais soudain un nombre considérable de nouveaux amis (dont un qui habitait à deux pas de chez moi et qui avait de la paille, avec peu être un peu de merde de poule sur ladite paille, partout dans son salon). Mes jeux préférés étaient alors des trucs dont personne ne se souvient comme Sled Storm (jeu de course en moto neige ou buter des lapins rajoutait des points) ou Dead Ball Zone (sorte de handball futuriste où l'on pouvait une tronçonneuse ou un fusil à pompe pour récupérer la balle).

 

Firepower

Firepower (Brower [Unity])
Chris Willoughby

 

 

Avouons-le, l'intérêt du God-game, avant même son aspect stratégique, c'est le pouvoir de vie ou de mort sur nos créations qui nous est accordé. Il n'y a rien de plus satisfaisant par exemple que de faire flamber forêts et fidèles en poussant de grands rires démoniaques. Le problème, c'est qu'à trop faire feu de tout bois, et bien, il ne reste plus de bois, et on se retrouve petit dieu de rien du tout.

Réalisé pour la ludum dare 25, Firepower résume bien ce paradoxe : on y sera invité à brûler un maximum de forêt pour gagner des points, tout en préservant celle-ci pour ne pas se retrouver à cours de pouvoir divin. Il faut en somme trouver un juste équilibre entre création et destruction.

Si la version 48h est déjà impressionnante de finition, la versio post-compo est plus jouissive encore, car plus riche et mieux équilibrée. La génération aléatoire assure la rejouabilité tandis qu'audio et graphismes se chargent de nous immerger totalement. Une merveille.

Inflorescence City Volume 2

inflorescence volume 2Inflorescence City Volume 2 (Browser) Everest Pipkin et Loren Schmidt J'avais découvert Inflorescence City à travers une brochure, une publication périodique et unique servant à la fois de journal local, de nécrologie, de corbeille à papier, de bibliothèque, de guide touristique et de livre d'images. Intrigué par l'aspect changeant de cette ville imaginaire, par ses contours flous et paysages en ASCII, j'ai finalement décidé d'aller la visiter par moi-même.

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Qui suis-je ?

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The Kindness of Strangers

The Kindness of Strangers (Browser)
Jordan Magnuson

 

Le jeu-vidéo contient de l’image, il contient du texte, il contient du son, il contient de la vidéo. Pour ces raison, tout ce que les arts visuels, la littérature, la musique, le cinéma peuvent faire, le jeu-vidéo peut le faire aussi. Mais il peut surtout le faire différemment, en usant de son plus bel atout : l’interactivité.

 

Plusieurs champs ont déjà été explorés, mais le plus gros reste à faire. Aussi, c’est toujours un plaisir et un soulagement quand une nouvelle initiative vient combler des lacunes du jeu-vidéo. Cette fois-ci, c’est au tour de Game Trekking, un projet de carnet de voyage en jeu-vidéo lancé en 2010 par Jordan Magnuson Son objectif est de parcourir le Monde (l’Asie pour le moment) et de réaliser de petits jeux web sur ses expériences les plus marquantes. (Un très bon entretien est disponible sur le site Je perds donc je pense). Trois jeux ont déjà été créés lors de son séjour en Corée, et deux à Taïwan.

 

 

Aucun jusqu’à présent ne m’avaient vraiment séduit. Tous étaient plaisants, intelligents, mais, trop abstraits, ils ne reflétait pas vraiment une expérience de voyage. Freedom Bridge traitait de la frontière entre Corée du Sud et Corée du Nord, Taïwan du fragile statu-quo de l’île en question…autant de sujets qu’un non-voyageur bien informé pouvait lui aussi traiter.

 

Je suis enfin comblé avec The Kindness of Strangers, le deuxième jeu de son voyage Taïwanais.

The Kindness of Strangers est un tortueux labyrinthe aux lignes noires. Il est peuplé de nombreux personnages de la même couleur, ses habitants. Le joueur, lui, incarne un personnage blanc, un étranger, qui voudrait traverser ce mystérieux pays. ( Ai-je besoin d’expliciter la métaphore Labyrinthe = Taïwan ?)

 

En fond sonore, l’auteur nous raconte en anglais plusieurs anecdotes de son voyage sur l’île. En fond visuel, il fait défiler des photographies auquel le joueur prête peu d’attention, concentré qu’il est sur la résolution du labyrinthe.

 

Si vous n’avez pas encore testé The Kindness of Strangers, vous pourrez penser qu’il s’agit pour Jordan Magnuson d’un ingénieux moyen de nous faire subir une séance de diapositives. Évidemment, ce n’est pas le cas, et je vous suggère de jouer à The Kidness of Strangers à deux reprises avant que je ne vous gâche la surprise.

 

The Kindess of Strangers est sous-tendu par un message, celui du titre : La gentillesse des étrangers, ou plutôt « Je suis surpris et reconnaissant de la gentillesse des étrangers ». C’est ce que Magnuson nous raconte oralement : comment, tout au long de son séjour, il a été orienté, et accueilli chaleureusement (et gratuitement) par des taïwanais. Des gens qu’il ne connaissait pas, et qui lui ont fait découvrir avec enthousiasme de nombreux aspects de leur culture.

 

Cette expérience se retrouve dans le gameplay, ainsi, chacun des personnages croisé dans le labyrinthe vous orientera vers la sortie, au moyen d’une petite flèche. Des indications bien légères, mais qui mises bout à bout, vous aideront à sortir de ces couloirs.

 

Ce que vous trouvez à la sortie est un cœur, et vous finirez The Kindness of Strangers heureux et grandis de cette expérience. Ce n’était pas un labyrinthe, c’était une agréable promenade.

 

Le jeu vous propose alors de recommencer, pour une nouvelle expérience. Cette fois, le discours s’interrompt pour laisser place au silence, et les photos aussi, pour laisser place à un fond gris. Les habitants maintenant ne vous indiquent plus le chemin, vous voilà livré à vous même.

 

Dès lors, le jeu prend vraiment des allures de labyrinthe. C’est un vivier de culs-de-sac d’une horrible difficulté et on serait prêt à remettre en question l’existence d’une sortie si on ne l’avait pas trouvé précédemment.

 

Sans la gentillesse de ces étrangers, le jeu est plus difficile. Mais il est aussi plus ennuyeux, il ne présente plus aucun intérêt, et à moins d’être masochiste, le joueur préfèrera abandonner la partie plutôt que de se démener à trouver cette sortie qui, cette fois, ne contiendra surement pas de cœur (Mais si quelqu’un a envie de vérifier, j’aimerais bien savoir de quoi il retourne).

 

Je crois que là encore la métaphore est claire : Les voyages ne sont rien sans les gens que l’on y rencontre, et il faut être reconnaissant envers ces personnes qui nous donnent de leurs gentillesse. Comme le dit Magnuson, ce ne sont pas des justicier, ce ne sont pas des « Batman », ce sont de vraies personnes qui font le choix désintéressé de vous aider, et pour un acte de cruauté présenté à la télévision, se déroulent au moins trois ou quatre actes de bonté gratuits.

 

Ce message, et cet hommage tout à la fois, pourrait sembler un peu sucraillé, un peu niais, tout comme peut l’être la devise du site Couchsurfing « Participez à la création d’un monde meilleur ». Mais les photographies et témoignages de Magnuson le rendent tangible, ancré dans notre réalité. Il ne s’agit pas de dire « Soyez gentils! » mais de constater que « les gens sont gentils ». Le ridicule alors s’efface pour laisser la place à un sentiment de reconnaissance et une furieuse envie de voyage.

Peut-être alors aussi que Couchsurfing dit vrai, peut-être que de prêter son canapé à des étrangers participe vraiment à la création d’un monde meilleur.

 

The Kindness of Strangers m’a touché, comme avait su le faire l’Equipée de Victor Segalen ou Le Photographe, de Guibert, Lefèvre et Lemercier. En cela, il marque bel et bien l’avènement du récit de voyage en jeu-vidéo, et j’attendrais la suite avec impatience.

  • 28 mars 2011
  • In 10 minutes

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3 Comments

  1. Remiz

    28 mars 2011

    Cette idée de carnet de voyage est géniale, comme n’y ai-je pas penser avant!
    (un super carnet de voyage sur la Normandie, c’est exotique ça, non?)

    Reply
  2. admin

    28 mars 2011

    Un carnet de voyage sur la normandie? Mais ça existe déjà voyons : https://www.facebook.com/apps/application.php?id=111596662223307

    Reply
  3. Remiz

    29 mars 2011

    Le syndicat des « Vaches et Génisses de France » vient de porter plainte contre vous. Vous recevrez votre convocation au tribunal dans quelque jour pour avoir stigmatisé les vaches comme étant normandes.

    Bien l’bonjour à vot’ dame!

    Reply

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