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poésie

Tiny White Stones (Windows)
Lou Lubie, Aurélien Carlier, Nils Velay, Corentin Lemasson, Geoffroy Calis, Guillaume Nasi

 

 

(L'introduction de cette article est la traduction d'un petit essai écrit il y a plus d'un an pour Robert Yang. Je ne pouvais rêver d'une meilleure excuse que Tiny White Stones pour l'exhumer.)

 

 

« Quand j'étais gamin, je n'aimais pas tant jouer aux jeux vidéo. J'avais une mauvaise coordination, j'étais lent à réagir et je ne savais jamais sur quel bouton appuyer. Ouais, j'étais nul. Mais cela ne m'empêchait pas d'être déjà amoureux de ce médium : Il n'y avait rien que j’appréciais plus que de regarder mes amis jouer. Ils tenaient la manette tandis que je les aidais à résoudre les énigmes de Zelda, que j'assurais leurs arrières sur Golden Eye ou que j'enfilais un maillot de supporter devant SuperStar Soccer. J'étais un sidekick.

 

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Back to Bed (Browser [Unity], Windows, Mac)
Team 1up – Dadiu

 

 

Vous avez les paupières lourdes, très lourdes...et voilà que commencent à apparaître pommes géantes, chapeaux volants, train-poissons et pont-cravates. Non vous ne rêvez pas, vous jouez à Back to Bed.

 

Le rêve est pourtant bien au rendez-vous puisqu'il s'agit dans Back to Bed de guider un somnambule, Bob, jusqu'à son lit en prenant bien soin à ce qu'aucun étrange danger issu de ses cauchemars ne viennent le réveiller.

 

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Six (Browser)
Kerry Turner

 

Ce jour est à marquer d'une pierre blanche (ou rose, ou bleue, ou noire, c'est vous qui voyez) car pour la première fois de l'Histoire de l'Oujevipo, je vais présenter un jeu auquel je n'ai pas joué...ou presque pas...d'ailleurs je me demande même s'il existe un moyen d'y « jouer ».

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A Game for Ana (Browser)
David S Gallant

 

David S Gallant porte bien son nom, aussi, quand vient la Saint Valentin, il conçoit pour sa femme un petit jeu destiné à lui montrer son amour.

Et parce que lui montrer ne suffit pas, il embarque ce jeu dans le Pirate Kart 2012 afin de le montrer au plus de monde possible.

 

Mais ce que montre aussi ce jeu, c'est une fois de plus la capacité du jeu vidéo à faire passer de puissants messages en peu de mots, voire aucun.

 

Alors vous savez ce qui vous reste à faire : game designer ou pas, il vous reste près d'un an pour vous perfectionner et offrir à votre conjoint/conjointe un cadeau de Saint Valentin comme il/elle n'en a jamais eu.

 

Evidence (Windows)
Wuthrer Osef

 

 

Maîtrise. Voilà le mot qui semble le mieux qualifier Evidence, si, en toute évidence, on excepte son titre. Maîtrise contre toute attente pourrait-on ajouter, car en effet, Evidence oscille en funambule entre amateurisme négligeant et sérieuse détermination. A tout moment, on s'attend au faux pas, mais celui-ci n'arrivera pas, Evidence maîtrise.

 

Maîtrise des graphismes : grande fresque maladroite qui semble crayonnée sur les murs d'une cour d'école. Si ceux-là nous laissent d'abord croire à des dessins d'enfants, la régularité du coup de crayon nous détrompe vite : il s'agit bien d'un style parfaitement mesuré, celui d'un adulte qui disposerait peut-être de lacunes graphiques, mais qui a su forger sa patte. Cette régularité est d'autant plus impressionnante quand on sait que le jeu a été réalisé sur une durée de deux ans. Largement le temps de s'améliorer, largement le temps d'être déçu, largement le temps de froisser ses cahiers de de tout recommencer. J'avais lu un jour un conseil de game developer : Ne reprends jamais ton jeu, son script ou ses graphismes sous prétexte que tu t'es amélioré. Tu t'amélioreras toujours, et ce faisant, tu ne finiras jamais. C'est un conseil que Wuthrer a retenu.

 

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Yume Nikki (Windows)
Kikiyama, traduit en français par eXaHeVa (et merci à lui pour la découverte)

 

La première page de cette review ayant été égarée dans une rame de métro, elle sera remplacée par une citation extraite d'Un homme qui dort, de Georges Perec. Veuillez m'excuser pour le dérangement.

 

« Tu as tout à apprendre, tout ce qui ne s'apprend pas : la solitude, l'indifférence, la patience, le silence. »

 

[...]

Dans cette chambre, Madotsuki dispose d'un bureau (pour sauvegarder), d'un balcon (pour prendre l'air), d'un lit (pour dormir), d'une bibliothèque dont elle ne daignera pas lire le moindre livre et d'une console pourvue d'un unique jeu vidéo qui mériterait une review à lui tout seul tant il rayonne d'inconsistance.

Madotsuki a sans doute des parents, ceux-là doivent se trouver derrière la porte de la chambre, disséminés dans les autres pièces de la maison, mais Madotsuki ne franchira jamais cette porte, elle a mieux à faire, dormir par exemple, rêver.

 

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One and One Story (Browser)
Mattia - MaTX - Traverso, Gabriele Bonis, David Carney

 

 

Combien de gameplays de puzzle-platformer nécessitant la coopération entre deux personnages pouvez-vous citer, là, maintenant ? Quatre ? Cinq ?

Je prend le pari que tout ceux auxquels vous avez pu penser sont présent dans One and One Story.

Ce petit jeu est comme une série d'exercices de style sur ce thème. En n'utilisant que des éléments de platformer ultra classiques (plate-formes, pics, saut, déplacement de blocs) et deux personnages seulement, il explore niveau par niveau les différentes manières de jouer.

 

Pourtant, One and One Story n'a pas pour vocation d'être un méta-jeu amusant à la This is the only level, ni une pure expérimentation à la Rules ou Experimental Shooter :aucun de ses gameplays n'est véritablement innovant, et en me creusant la tête, je suis à peu près certain de trouver un jeu exploitant chacun d'eux. One and One Story est avant tout une narration, et chaque gameplay véhicule un message, une émotion propre.

C'est exactement ça que j'ai envie de voir plus souvent dans le jeu vidéo : des variations sur la forme au service du fond.

 

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Fisher-Diver (Browser)
2DArray

 

Quand j'ai commencé à jouer à Fisher-Diver, je ne savais pas vraiment dans quoi je me lançais. Je suis désormais allé jusqu'au bout, et j'avoue ne pas en savoir beaucoup plus.

 

Certes, il s'agit d'un jeu de pêche sous-marine au gameplay assez peu surprenant : On plonge pour pêcher des poissons, on dispose d'une jauge d'oxygène, d'un espace de stockage restreint et on revend le fruit de notre travail pour pouvoir se payer des upgrades : plus grande jauge d'oxygène, plus grand espace de stockage...

Pourtant...par une multitudes de détails, Fisher-Diver ne ressemble pas à un jeu de pêche. Aventurons-nous donc dans ses profondeurs. N'hésitez pas à remonter à la surface à tout moment pour vous faire votre propre idée du jeu. Les abysses regorgent de spoiler.

 

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Ruins (Windows, Mac)
Jake Elliott (Cardboard Computer)

 

 

Quelle agréable surprise hier que de voir, sorti de nulle part, un nouveau jeu de Jake Elliott. Ai-je besoin de le rappeler : en plus d’être un de mes développeurs favori, Jake Elliott est aussi l’auteur de A House in California, Hummingbird Mind et Balloon Diaspora.
Pour être honnête : ce dernier jeu aurait été mauvais, j’en aurais tout de même parlé ici. Bonne nouvelle : il est excellent, comme à l’accoutumée.

 

 

Ruins est sans aucun doute le jeu de Jake Elliott qui ressemble le moins à un jeu, c’est peut-être aussi celui qui sera le moins facile d’accès, qui pourra sembler le plus ennuyeux…il n’en est pas moins une œuvre de maître. Selon les dires de l’auteur : « Ruins est un jeu à propos d’un chien qui chasse des lapins à travers un paysage onirique et ténébreux ». Ce n’est pas faux. Ce n’est pas vrai non plus.

 

Avant de vous lancer, sachez que Ruins est très gourmand en ressources, n’hésitez donc pas à choisir le niveau graphique minimum (fastest) si votre ordinateur est lui aussi en carton. Sachez aussi qu’un niveau d’anglais correct est requis…Ruins est avant tout une narration. Sachez enfin que ça spoile plus bas.

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Just close your eyes/1328.1.23.16/Someday Somewhere (Browser [Unity]/Windows)
Nuprahtor

 

Il y a quelques jours, je parlais de 1328.1.23.16. Dans mon article, je m'étais concentré sur les conséquences issues de la barrière due langage sur le jeu, mais n'en avais pas du tout abordé le contenu, le sens du jeu. Il y avait une bonne raison à cela : Je n'y avais pas compris grand chose.

 

Aujourd'hui, j'ai joué à Someday Somewhere, et à Just close your eyes, du même auteur, et désormais, tout commence à prendre forme.

 

Ces trois jeux se ressemblent énormément : Même logiciel (Unity), même graphismes, même sens du mystère et du symbolique. Certes, ils sont tous du même auteur, et on pourrait y voir la patte de l'artiste, mais je n'y crois pas, c'est trop de points communs pour être honnête, je suis pour ma part persuadé que ces trois jeux appartiennent tous à un même projet.

 

Pour plus de clarté, je vais faire un bref résumé/spoiler de ces trois titres. Il est hautement recommandé d'y jouer avant d'aller plus loin

 

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