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Life Three Dee Envoyer
5 minutes
Écrit par Pierrec   
Vendredi, 18 Mars 2011 12:51

Life Three Dee (Browser, Mac, Windows [Unity])
Fernando Ramallo

 

Georges Perec, La Disparition : Un livre de plus de 300 pages ne comportant pas la lettre E. Illisible. Mais il fallait que quelqu'un le fasse.

Jean Eustache, La Maman et La Putain : Un film de 220 minutes dans lesquelles les acteurs, notamment l'insupportable Jean-Pierre Léaud, récitent un texte sans jouer. Ennuyeux à mourir. Mais il fallait que quelqu'un le fasse.


Kasimir Malévitch, Carré noir sur fond blanc : Un carré noir, sur un fond blanc. Sans doute la peinture la moins expressive qui soit. Aucun intérêt. Mais il fallait que quelqu'un le fasse.


The Residents, Freak Show : Un album entièrement composé à partir de divers procédés MIDI. Agressif. Mais il fallait que quelqu'un le fasse.


Lewis Trondeim, Lapinot et les carottes de Patagonie : Une bande dessinée sans scénario et sans talent de dessinateur à la base. Pas très excitant. Mais il fallait que quelqu'un le fasse.

 

Je pourrais sans doute citer beaucoup d'autres de ces « Mais il fallait que quelqu'un le fasse ». Ils pullulent dans le milieu artistique, et s'avèrent être très souvent les œuvres les plus marquantes de leurs décennies respectives. De manière générale, l'art avance à coup de « Mais il fallait que quelqu'un le fasse. ».

Je n'irais pas jusqu'à dire que Life Three Dee est une révolution dans le milieu du jeu vidéo, mais il fallait que quelqu'un le fasse.

 

 

Le concept de Life Three Dee peut se résumer en une proposition nominale : L'adaptation du Game of Life de Conway en 3D.

Évidemment, si on ne connait pas The Game of Life, cela peut prendre un peu plus longtemps. Rappelons-le donc, The Game of Life de Conway est une simulation de vie en 2D régie par des principes mathématiques. Elle se résume à quatre principes simples :

-Toute cellule avec une ou zéro cellule avoisinante meurt de sous-population

-Toute cellule avec quatre cellules avoisinantes ou plus meurt de surpopulation

-Toute cellule avec deux ou trois cellules avoisinantes vit.

-Toute case vide avec trois cellules avoisinantes fait naître une cellule.

C'est exactement ces principes que l'on retrouve ici, mais appliquées à une grille en trois dimensions.

 

Par son passage à la 3D, The Game of Life perd beaucoup en simplicité. Ainsi, malgré les nombreuses fonctionnalité qu'offre Ramallo (Changement de plan, de caméra...) il demeure difficile de construire en 3D la structure que l'on veut voir évoluer. Bien souvent, de plus, la structure amène à un résultat chaotique, et il faudrait faire le tour de toutes les caméras à chaque étape d'évolution pour pleinement apprécier la croissance de cette structure. On aimerait réussir à créer des structures en mouvement perpétuel, comme c'était possible dans l'original Game of Life, mais la 3D rend cette tâche trop laborieuse, et on abandonne rapidement. Même l'ingénieuse caméra à l'intérieur de la matrice ne suffit pas à nous retenir plus longtemps.

 

En bref : Life Three Dee est un échec. Une simulation injouable qui ne nous distraira surement pas plus de cinq minutes. Mais Fernando Ramallo n'est absolument pas à blâmer. Il nous a livré ici sans doute la meilleure adaptation 3D du Game of Life qu'il était possible de faire. Il s'avère seulement que ces algorithmes de Conway perdent de leur intérêt lorsqu'on y ajoute une dimension. Il fallait que quelqu'un le prouve. Il fallait que quelqu'un le fasse.

Et pour cela, je remercie de tout cœur Fernando Ramallo.

Mise à jour le Dimanche, 22 Mai 2011 14:31
 

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