Terminal Love v2.0

Terminal loveTerminal Love v2.0 (Windows, Mac, Linux [Java])
Muhammad Abdul-Rahim

 

Dans mon article Missing Links, j’évoquais la mort des petits jeux vidéo indépendants. Mort de vieillesse, mort d’abandon, mort d’oubli…Mais j’oubliais une autre mort bien plus insidieuse et au nombre de victimes autrement plus élevé : la mort prénatale. Nombre de jeux en effet ne dépassent jamais le stade du prototype, quand ce n’est pas celui de l’idée, et c’est précisément ces jeux qu’Emily Short a voulu exhumer en organisant la jam Bring Out Your Dead. L’idée : mettre en ligne ces jeux inachevés, peu importe leur niveau de finition, peu importe s’ils sont jouables ou non. Une façon pour leurs auteurs d’en faire le deuil et de passer à autre chose tout en prenant du recul sur leur processus créatif.

 

Si vous vous êtes jetés sur Terminal Love v2.0 avant de lire cet article, sans doute avez-vous été quelque peu déconcerté. Oui, Terminal Love v2.0 ne contient qu’un écran titre, mais admettez qu’il en jette ! Ces particules qui s’agitent, cette musique électronique survoltée…On peut dire que Muhammad Abdul-Rahim sait nous mettre l’eau à la bouche. C’est un peu frustrant, j’en conviens, mais malgré sont incomplétude, Terminal Love v2.0 a tant d’histoires à nous raconter.

 

Celle du jeu lui-même d’abord, qu’il ne tient qu’à nous d’imaginer à partir des rares éléments à notre disposition. Une histoire d’amour vraisemblablement. Dans le cyberespace peut-être ? À moins qu’il ne s’agisse de l’amour pour une machine ? Une I.A ? Ou encore d’une amourette lycéenne, pourquoi pas ?

Celle de sa genèse ensuite, ou plutôt de son abandon, que Muhammad Abdul-Rahim nous narre sur la page du jeu. Terminal Love v2.0 est le remake en java de Terminal Love, premier projet de l’auteur et aujourd’hui disparu du web. Bénéficiant de l’expérience accrue de son auteur en termes de programmation, Terminal Love v2.0 aurait du voir le jour sans encombre, mais la création n’est pas qu’une question d’expérience, c’est aussi l’affaire d’émotions, et ces émotions, Muhammad Abdul-Rahim ne les avait plus.

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