Parable of the Polygons

parable of the polygonsParable of the Polygons (Browser)
Nicky Case et Vi Hart

 

Si je vous propose de lire l’article « Dynamic Models of Segregation » de l’économiste Thomas Schelling qui traite de la dynamique du partage de l’espace entre les « races » par le biais des mathématiques, il y a de fortes chances pour que vous sautiez rapidement à un autre onglet de votre navigateur. Mais si je vous propose de jouer à un jeu ?

 

Après s’être attaqué au thème de la surveillance et à celui du coming out, Nicky Case emploie cette fois tout son talent à vulgariser un essai de sociologie mathématique par le jeu vidéo. L’essai en question s’appuyant sur la Théorie des jeux, l’exercice n’en est que plus pertinent, et plus frappant.

 

Parable of the Polygons n’est pas un jeu vidéo en soi, c’est un article (en anglais), illustré par des vignettes ludiques. Son idée première est de montrer comment un biais individuel en apparence anodin peut influencer la société de manière importante, ou pour faire plus explicite : comment un racisme somme toute très léger conduit à une ségrégation de la société…Et il montre. Il montre extrêmement bien, au point où on en vient à comprendre en une dizaine de minutes la théorie d’un Nobel d’économie, c’est dire. Mais Parable of the Polygons ne s’arrête pas là, il montre aussi comment la disparition du biais initial ne serait d’aucune utilité pour régler le problème global, et comment seul un petit biais individuel inverse pourrait venir à bout de toute ségrégation.

 

C’est beau, c’est intelligent, c’est bien expliqué et c’est amusant. Parable of the Polygons c’est la démonstration même de l’efficacité de la rhétorique procédurale dans le discours, et avec un exemple pareil, ce serait un comble si ce genre de pratique ne venait pas à se multiplier.

 

Via Florent Maurin

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