Gator’s Secrets

gator seecretGator’s Secrets (Browser [Unity])
Ryan Hill

 

Cela ne vous a peut-être pas échappé, mais le monde du jeu vidéo a été quelque peu chamboulé ces dernières semaines. Je ne vais pas relater toute la polémique, Merlanfrit le fait déjà très bien, mais pour faire court, disons que de mauvais esprits ont réussi à transformer une histoire de cul sans grand intérêt en théorie du complot, sans oublier de passer par le harcèlement sexiste de rigueur. Des joueurs sont ainsi persuadés que les non-hommes, les non-hétérosexuels, les non-blancs et finalement les développeurs indés en général cherchent à voler leurs jeux vidéo pleins de testostérones et de poudre à canon pour les remplacer par des fictions interactives mièvres pleines de noirs transsexuels qui au fond, ne sont même pas des jeux ! Tout ça bien sûr avec la complicité de l’élite des journalistes de jeu vidéo. Dit comme ça, ça a l’air très con, mais pas plus finalement qu’une manif contre le mariage pour tous. Si vous n’en êtes pas convaincu, Gator’s Secrets va peut-être vous y aider.

 

Gator’s Secrets a été réalisé dans le cadre de la Ruin Jam, une game jam visant à « pourrir » (ironiquement) le jeu vidéo en y ajoutant de la diversité ethnique, sexuelle, en jouant avec les limites de l’inexistante définition du jeu vidéo, et, soyons fou, en y ajoutant une pincée d’esprit critique. La compétition s’est close le 14 septembre, et, aux dernières nouvelles, le jeu vidéo est toujours là. Ouf. Il en est peut-être même sorti grandi.

 

Dans Gator’s Secrets, nous sommes un journaliste de jeu vidéo qui avec l’aide du joueur (pas nous, l’autre, Gator l’alligator), va tenter de classer des…hmmm…disons expériences interactives…dans un diagramme de Venn. Ce diagramme est basé sur deux critères, et seules les expériences interactives obéissant à ces critères méritent d’être appelées « jeux vidéo ». Le problème c’est que Gator ne nous dit pas quels sont ses critères, eh non, il n’y a que lui qui ait droit de savoir, le plaçant ainsi comme garant tout-puissant et tout-arbitraire de l’appellation jeu vidéo. Il faudra donc endurer ses caprices, écouter ses commentaires désobligeants, et devenir ainsi le journaliste de jeu vidéo dont il a toujours rêvé : lui-même.

 

…À moins que tout ceci ne soit qu’une feinte pour mieux le piéger, une pierre de plus à l’édifice de la conspiration des Combattants de la Justice Sociale dont le seul nom a de quoi faire frémir. À vous de voir.

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3 Comments

  1. J’ai bien aimé les petites remarques du Gator 🙂

    C’est toujours pas fini cette histoire ? Je vois même pas comment on peut autant s’énerver à propos d’un jeu vidéo…

  2. On dirait que ça meurt peu à peu. Mais pas encore assez vite à mon goût.

  3. Charles de Goal

    Je ne savais pas que ça s’était encore emballé dans le petit monde des jeux vidéo… Lecture intéressante sur Merlan Frit.
    Sinon, pour le jeu : j’ai beau être un male blanc cis hétéro privilégié, mon Linux ne supporte pas Unity Web Player.

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