Whack-a-congress

Whack-a-congress (Browser)
Sos

Ce 18 Janvier a eu lieu la journée de protestation contre le projet de loi SOPA/PIPA (Stop Online Piracy Act/Protect IP Act). Pour ceux qui auraient été déconnectés d’Internet ces trois derniers mois : ce projet de loi actuellement débattu aux Etats Unis vise grosso modo à permettre une censure du web afin de luter contre le « piratage » d’œuvres sous copyright. Il s’agit bien évidemment d’un projet de loi soutenu par les lobbys de l’industrie dites « du divertissement » (on ne parle même plus de création artistique, comme ça c’est réglé), qui rappellera notre LOPPSI à nous. Pour ceux qui voudraient en savoir plus : cette vidéo explique les choses très bien.

Ce 18 Janvier donc, des sites comme Wikipédia, BoingBoing, Reddit et bien d’autres ont fermé pour protester contre cette loi liberticide. Ce 18 Janvier, Sos aussi a protesté, en organisant une game jam sur le site de la Ludum Dare et en créant ce jeu : Whack-a-congress.

Avec ses polices d’écritures ringardes, ses animations de titre qui puent le flash mal maîtrisé, ses inserts de photos mal détourées, son gameplay peu inspiré (un dérivé de Whack-a-mole), Whack-a-congress semble être un hommage aux political games du début des années 2000, ces jeux où il s’agissait le plus souvent de tirer sur Ben Ladden au fusil mitrailleur ou de frapper Georges W. Bush avec toutes sortes d’accessoires. Seulement, alors que ces jeux ne cherchaient pas à être autre chose que de simples défouloirs, Whack-a-congress offre un nouveau brillant exemple de rhétorique procédurale.

Dans ce jeu, il s’agira d’écraser au marteau (ou mieux, de massacrer à la tronçonneuse) les membres du congrès favorables à la loi SOPA/PIPA dans l’espoir que ce projet soit refusé. Le joueur un tant soi peu malin comprendra bien vite que le jeu est biaisé. D’une part, l’impact du marteau est bien trop large pour écraser avec précision les congressistes favorables, et les dégâts collatéraux sont inévitables. On retrouve donc ici un peu de la rhétorique de September 12th dont le temps de réaction était bien trop lent pour abattre les terroristes sans qu’ils n’emportent avec eux une poignée de civils. D’autre part, tous les congressistes finissent à un moment ou à un autre par se montrer favorable au projet de loi, conséquence de quoi le joueur n’a pas d’autre choix que de laisser la salle vide et maculée d’éclaboussures.

Faille de cette rhétorique : le premier message à être perçu par le joueur est sans doute qu’il est impossible d’empêcher la loi SOPA/PIPA d’être votée. Les explications de Sos viennent heureusement nous remettre sur les rails : il est impossible d’empêcher la loi SOPA/PIPA d’être votée…avec un marteau. Mais d’autres outils peuvent se révéler plus efficace, les cerveaux par exemple.  Il est inutile de s’énerver contre ces congressistes idiots et une démarche intelligente s’avérera bien plus productive, entre autres : passer un coup de fil à ces congressistes pour leur expliquer calmement les dangers d’une telle loi, ou encore créer des jeux pour sensibiliser l’opinion publique, si ce jeu est fun comme Whack-a-congress, c’est encore mieux.

Et Sos a raison ! Preuve en est la victoire temporaire des anti-SOPA/PIPA (de monsieur tout le monde, quoi) : le vote initialement prévu pour le 24 Janvier a été repoussé grâce à toute cette agitation sur Internet, grâce à tous ces cerveaux bien employés grâce,il faut bien l’avouer, à la chute de MegaWorld et des attaques qui ont suivi et bien sûr, grâce à Sos un peu aussi.

2 commentaires sur “Whack-a-congress

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