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Je me réveille dans une pièce que je ne connais pas. Je ne me souviens de rien. Où suis-je? Que s’est-il passé? Je cherche des yeux les réponses à mes questions, mais tout ce que je vois est un étrange mobilier rempli de codes, de chiffres et de symboles. Mince! Je me suis encore fait avoir, je me suis encore fait enfermer dans un escape room!

 

 

Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, pour tout dire, ça arrive souvent le week end, après une fête trop arrosée : le trou noir, et puis ça : un salon japonais avec plantes vertes, coffres et horloges sans aiguilles. Je sais les reconnaître au premier coup d’œil, au point que cette fois, je ne tente même pas d’ouvrir la porte pour vérifier, et me met directement au travail. J’inspecte le mobilier, je cherche des indices, je note les codes sur mon bloc-note (oui parce que j’en ai toujours un sur moi). Je constate que cet escape room-ci a quelque chose de différent, en plus d’inspecter et d’utiliser les objets, on peut également les déplacer. Une petite innovation qui rend la situation plus réaliste, mais qui complique aussi considérablement la tâche [Traduction : on ne peut plus cliquer partout aléatoirement, il faut aussi penser à faire glisser les objets].

 

Après quelques minutes d’investigation, j’ai déjà ramassé un bon nombre d’accessoires à la destination floue : Un triangle de plastique transparent, une poignée, une tige métallique, une sorte de jeton de poker. En temps normal, je n’aurais pas accordé le moindre regard à ces stupides ustensiles, mais ici, je sais qu’ils vont m’être utile. Qui sait, avec tout ce bric-à-brac mis bout à bout, peut-être arriverai-je à fabriquer un fer à repasser, ou un porte-avion?

 

En explorant la pièce je finis par m’intéresser au boitier métallique accroché au mur. J’avoue ne pas avoir beaucoup de conviction : à tout les coups, il sera fermé. Et pourtant non, la porte s’ouvre et dévoile un gros bouton rouge. Chouette! C’est toujours bien un bouton rouge. On presse le bouton et hop, quelque chose se passe, une trappe s’ouvre ou un tiroir se débloque, nous rapprochant un peu plus du moment où on sera de nouveau au grand air.

Sauf que là, il y a quelque chose d’inscrit en lettres capitales en dessous du bouton : « DO NOT PUSH ». Bon…s’il ne faut pas appuyer alors, je n’appuie pas, et je retourne à mes recherches.

 

Dix minutes plus tard, mon bloc-note est rempli de combinaisons de chiffres, mon inventaire d’objets sans intérêt, et je n’ai pas l’impression d’avoir avancé d’un pouce. J’essaye de ne pas penser au bouton, mais son souvenir se fait de plus en plus pressant. Je ne vois rien d’autre à faire : Et si j’appuyais? Après tout, je suis déjà enfermé ici, que peut-il m’arriver de pire? Être enfermé ici pour toujours? Oui certes…cette décision n’est donc pas à prendre à la légère.

 

Réfléchissons : Qui a bien pu inscrire ce « DO NOT PUSH » ? A priori les mêmes qui ont conçu cette pièce et qui m’y ont enfermé. Pour ce que j’en sais, ces gens ne me veulent pas du bien, je n’ai donc aucune raison de leur faire confiance. Donc j’appuie.

 

Oui mais…le but de ces gens ne semble pourtant pas être de me garder enfermer ici. De mémoire, ils ont toujours laissé à disposition dans la pièce assez d’élément pour que je puisse m’en enfuir. C’est un jeu pour eux, ou une expérience. Je suis comme une souris qui court dans un labyrinthe. Ils veulent que je sorte d’ici, pour pouvoir recommencer, pour pouvoir créer des pièges encore plus tordus. Si presser ce bouton est dangereux, il est dans leur intérêt de me prévenir. Je n’appuierais pas.

 

Mais au fond, ce bouton, il n’est pas là par hasard, c’est eux qui l’ont placés ici, derrière ce boitier ouvert. Ils veulent seulement me tester, savoir si j’appuierai ou non. Peut-être suffit-il d’appuyer pour que la porte s’ouvre, peut-être que c’est juste une grosse farce, je sais que ces gens ont le sens de l’humour. Je respire un grand coup, je ferme les yeux, et j’appuie!

 

A moins que ce soit exactement ce qu’ils veulent, que je leur désobéisse pour qu’il puisse justifier leurs actes aveugles et gratuits. Ce sont eux qui fixent les règles, si je joue leur jeu, peut-être vont-ils venir me libérer pour bonne conduite. Ou alors, comme dans ces films là, peut être que si j’appuie je fais faire souffrir une autre personne enfermée dans une autre pièce, peut-être vais-je me rendre coupable d’un meurtre. Dans le doute, je ferais mieux de m’abstenir.

 

 

Allez, je m’en fous, j’appuie!

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