Eternally us

Eternally us (Windows)
Ben Chandler et Steven Poulton.

 

Le jeu vidéo manque de personnages féminins.

Je ne veux pas parler de Lara Croft dont le genre féminin ne se justifie pas plus que celui de la tartiflette, non, je parle de vraies femmes. Des qui portent des vêtements chauds en hiver, des qui préfèrent nourrir des pigeons plutôt que de flinguer des tigres, des qui sont un peu paumées, des qu’on voudrait prendre dans nos bras même s’ils sont pas costauds parce que là c’est pas ça qui compte, des dont on peut tomber amoureux, l’espace d’une demi-heure.

 

Heureusement, il y a Eternally us.

Un jeu réalisé avec Adventure Game Studio, je précise au cas où cela peut donner envie à certains (ça a marché pour moi).

 

Ne lisez pas ce qui suit si vous craignez de vous gâcher le plaisir. Sachez simplement qu’Eternally us doit se jouer avec le son

 

 

On ne saurait imaginer de graphismes plus adaptés : Le pixel saillant nous ramène à l’âge d’or du jeu d’aventure, inscrivant Eternally us dans la lignée des Goblins, Simon le Sorcier, Sanitarium… (que vous pouvez découvrir ou redécouvrir sur Lost Treasure).

Mais d’autre part, afin de se démarquer de ces jeux cultes et de bien nous signaler que le cap des années 2010 a été franchi, le jeu se fend de splendides animations en calque, bien que simples, telles que la neige ou les feuilles d’automne emportées par le vent.

 

Mais c’est scénaristiquement, si l’on peut nommer ça ainsi, que Eternally us frôle l’excellence et se fait le plus innovant : Votre « Quête » sera purement intérieure : La traversée des 5 phases du deuil d’Elisabeth Kübler-Ross : Déni, colère, marchandage, dépression, acceptation.

 

Amber, la protagoniste, passera de parabole en parabole de manière brutale, et sans retour en arrière possible. En terme de Gameplay, cela signifie que chaque tableau est entièrement indépendant des autres, que tout objet s’emploie conséquemment dans le tableau où il a été trouvé, et que c’est moins de réflexion que de patience dont vous aurez besoin ici.

 

L’histoire est émouvante, sans être niaise. Deux adjectifs qui pourtant ont coutume de s’acoquiner. Pour éviter ce piège, Eternally us a du soudoyer un dernier de nos organes : l’oreille.

La bande sonore, caresse de guitare, a de quoi séduire, mais les vois sont plus remarquables encore.

 

Pour une fois, elles font l’objet d’un véritablme jeu d’acteur, d’actrices, quand pourtant la programmation du jeu ne permet pas la fluidité des dialogues de cinéma.

L’effet obtenu est très étrange : Un jeu juste au rythme un poil trop lent pour être naturel. Ce qui s’accorde aussi bien aux ambiances irréelles des tableaux qu’à la lenteur du gameplay. Et je souhaite vraiment vider le mot lenteur de toute sa connotation péjorative.

 

Accepter la mort d’un proche n’est pas une chose facile, cela prend du temps, offrez donc généreusement à Amber trente de vos minutes.

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