One and One Story

One and One Story (Browser)
Mattia – MaTX – Traverso, Gabriele Bonis, David Carney

 

 

Combien de gameplays de puzzle-platformer nécessitant la coopération entre deux personnages pouvez-vous citer, là, maintenant ? Quatre ? Cinq ?

Je prend le pari que tout ceux auxquels vous avez pu penser sont présent dans One and One Story.

Ce petit jeu est comme une série d’exercices de style sur ce thème. En n’utilisant que des éléments de platformer ultra classiques (plate-formes, pics, saut, déplacement de blocs) et deux personnages seulement, il explore niveau par niveau les différentes manières de jouer.

 

Pourtant, One and One Story n’a pas pour vocation d’être un méta-jeu amusant à la This is the only level, ni une pure expérimentation à la Rules ou Experimental Shooter :aucun de ses gameplays n’est véritablement innovant, et en me creusant la tête, je suis à peu près certain de trouver un jeu exploitant chacun d’eux. One and One Story est avant tout une narration, et chaque gameplay véhicule un message, une émotion propre.

C’est exactement ça que j’ai envie de voir plus souvent dans le jeu vidéo : des variations sur la forme au service du fond.

 

 

 

Du fond, dans One and One Story, il n’y en a finalement pas tant : il s’agit simplement de différentes étapes d’une histoire d’amour explicités par de brèves phrases avant chaque changement. Mais c’est justement cette simplicité qui rend le jeu si efficace car il n’y a pas un seul élément de narration qui ne se ressent dans le gameplay, narativement, il n’y a aucun artifice.

 

Tour à tour j’ai pu ressentir la prévenance, la complicité, la dispute et plus fort encore le bonheur de se retrouver après celle-ci, la peur de voir arriver la fin, le bonheur d’être soutenu et enfin la confiance absolue. Des émotions au final assez complexes, bien plus en tout cas que celle plus fréquemment générées par le jeu vidéo (la peur, le stress, le dépassement de soi…). En fait, en additionnant le tout, je réalise que j’ai peut-être ressenti l’amour dans son ensemble, et ce pour la première fois dans un jeu vidéo.

 

Ultime idée lumineuse de MaTX : un bonus mode débloquable à la fin du jeu qui permet de rejouer les niveaux…à deux joueur. Après tout, quelle meilleure manière d’expérimenter l’amour qu’en couple ?

 

Il serait tout de même mentir de dire que ces sentiments ont été générés par le seul gameplay. Le jeu vidéo est un ensemble complexe, et les graphismes ainsi que la musique de One and One Story sont à saluer. Cette musique au passage est l’oeuvre de David Carney, compositeur également pour les jeux de 2DArray (The Company of Myself, Fisher-Diver), ce qui peut expliquer bien des similitudes et mérite tout mon respect.

 

On pourra reprocher à One and One Story (et à cet article du même coup) une certaine mièvrerie, mais je crois que justement le jeu vidéo est un des rares média à encore pouvoir se la permettre. Sur l’amour, tellement de choses ont été dites en littérature, en musique, au cinéma qu’on n’en distingue plus que des clichés et il est extrêmement difficile (mais toujours possible) d’offrir du nouveau à cette thématique.

Dans le jeu vidéo, rien n’a été fait à ce sujet, ou très peu. L’amour n’est bien souvent qu’un élément scénaristique de second plan. Il y a encore tellement de chose à explorer dans l’interactivité, dans le ludique. Que les développeurs se mettent alors dès aujourd’hui à construire les clichés de demain.

3 commentaires sur “One and One Story

  1. dit :

    J’ai bien kiffé en effet. C’est vraiment prenant et malin, tout est là, bravo à MaTX !
    Mais je regrette quand même l’addition du texte, je pense que ce n’était pas nécessaire…
    Sinon plus généralement, on a du mal à faire des jeux qui n’ont pas de plateformes ou de caisses ! Pour un sujet comme celui-ci y aurait eu moyen d’utiliser une certaine forme de symbolisme. Mais en l’état c’est déjà super hein 🙂

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