Trout

Trout (Windows)
Fernando Ramallo

Fernando Ramallo est un homme à gameplay. Il n’est pas du genre à s’encombrer d’une narration ou d’un scénario. Il se contente de façonner des expérience purement vidéoludiques ou interactives comme en témoignent ses précédentes productions : Lienzo Fertil, Dependant, Life Three Dee, Cardboard Box Assembler.
Alors forcement, quand le thème de l‘Experimental Gameplay Project du mois de Septembre s’avère être « Story Game», Fernando panique.

Mais Fernando n’est pas du genre à se laisser abattre, alors, il se débrouille pour trouver un génial échappatoire : Et si c’était le joueur qui racontait une histoire, pas moi ?
Dans la foulée lui vient alors tout plein d’autres idées toutes aussi brillantes :
-Et si je ne limitais pas le jeu à un seul joueur ?
-Et si j’utilisais des accessoires peu exploités dans le jeu vidéo, comme le micro et la webcam ?
-Et si je permettais quand même de jouer à ceux qui ne seraient pas pourvus de ces accessoires ?
-Et si je ne créais pas un, mais une dizaine de sets de règles ?
-Et si j’ajoutais à tout ça une bonne grosse dose d’humour absurde ?

Le résultat, c’est Trout. Le jeu au titre le moins sexy de toute l’histoire du jeu vidéo, et particulièrement pour les francophones pour qui le T n’est jamais loin du P.

 

Trout vous propose d’inviter vos copains devant l’écran, de leur personnaliser un avatar bodybuildé à l’aide de votre webcam, puis de vous lancer tous ensemble dans un jeu collectif d’improvisation théâtrale.  Il peut s’agir d’une phrase, qu’il faut continuer mot par mot, d’une histoire, qu’il faut continuer phrase par phrase, de chaînes de pensées, d’ordres alphabétiques, etc.
Le jeu terminé, la scène se joue alors devant vos yeux hilares, avec vos visages, et vos voix.
En voyant ces éphèbes à moitié-nu devant ce rideau rouge, difficile de ne pas penser à l’excellent Rocky Horror Picture Show et plus particulièrement à son « Floor Show ». Dommage qu’il n’y ait pas une règle Comédie musicale permettant de chanter les uns après les autres. Ah mais attendez : Fernando a pensé à tout. Ainsi, des set de règles à créer soi-même sont aussi disponibles, je sens que je vais me régaler ce soir !

Trout se trouve donc à la croisée du jeu vidéo, du théâtre et du party game (Shabadabada, Time’s up…). Il dispose qui plus est d’une intéressante fonctionnalité, Penalize !, activée par la barre espace, qui permet d’annuler une intervention qui ne respecterait pas les règles. Ainsi, il est facile de voir Trout transformé en jeu à boire, un paillard « Tu bois ! »  accompagnant chaque pénalité.  

En bref, Trout est un de ces jeux vidéo trop rare qui exploite non pas ce qui se passe à l’écran, mais ce qui se passe de l’autre côté. Le jeu en soit n’apporte pas grand chose, seulement des graphismes amusant et une dynamique, c’est réellement aux joueurs de lui donner tout son intérêt. Aussi, si un test en vidéo devait être fait sur Trout, il ne faudrait pas filmer l’écran, mais les joueurs criant devant leur écran, se grillant la politesse et essayant tant bien que mal de tirer une cohérence de ce chaos.

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