Lee Lee’s Quest

Lee Lee’s Quest (Browser)
Marcus Richert

 

Parfois, il suffit de peu de choses pour transformer le plomb en or, l’eau en vin, Michael Bay en Jim Jarmush.

Lee Lee’s Quest a tout du jeu moyen, vraiment moyen, du moyen-étalon sur lequel sont mesurés tous les autres jeux moyens…et pourtant…il a ce petit chose, cette idée ingénieuse qui le fait accéder au statut de « bon ».

 

Lee Lee’s Quest dispose d’un gameplay de platformer moyen, le platformer étant lui-même le genre le plus moyen qui soit. Des plate-formes, des trucs à collecter, des powerups en forme d’étoile, des méchants qui meurent quand on leur saute dessus…Bref : du super mario bros en moins riche, et il n’y a guère que le petit plus du wall jump pour transformer ce gameplay sans intérêt en gameplay… moyen.
Côté graphismes, la capture d’écran parle d’elle-même : des décors « colorés », des personnages « sympathiques » : ni très impressionnant, ni vraiment désagréable…juste moyen.

 

Alors quel est ce petit plus, ce détail qui nous fera jouer à Lee Lee’s Quest jusqu’au bout ?
C’est le voice-acting. C’est à dire les dialogues et les voix du jeu, confiées au seul Joshua Tomar qui fournit ici un boulot impressionnant.

 

 

 

Traditionnellement, le personnage de platformer ne parle pas. Mario a du attendre sa version N64 pour lâcher un petit « Mama Mia ! », et Sonic son adaptation en dessin animé pour son célèbre « J’ai failli attendre ». Si on a pu voir des héros de platformer 2D s’exprimer, c’était souvent en début ou fin de niveau, et même dans ce cas, les dialogues n’étaient pas joués, mais disposés dans des boites de textes en bas de l’écran.

Jamais un personnage de platformer ne parlera pendant l’action, tout simplement parce qu’en pleine action, on a pas vraiment le temps de jacasser. Et puis, pour dire quo, et à qui ? Après tout, ses ennemis sont ses seuls interlocuteurs.

 

Lee Lee’s Quest apporte sa réponse et le verdict est sans appel : Le héros de platformer n’a rien à dire. Rien du moins qui lui vaille une citation dans le bouquin de Claude Gagnère. Le héros de platformer est stupide, bourrin, et sa meilleure répartie reste encore le saut sur la tête. Ses ennemis, également doués de parole, ne sont pas en reste. Emplis d’une haine inexpliquée envers le héros, il ne sauront guère prononcer que des insultes et des moqueries. Les dialogues sont inconsistants, scénaristiquement sans intérêt, oui mais : Ils sont drôles.

Je ne me remet pas encore du « Nobody likes you ! » craché en plein visage, ou du cynique « You sure die a lot… » alors que je venais de m’éventrer sur une mare de pics.

 

Lee Lee’s Quest est donc un jeu pour de faux, pour de rire. Une simple expérience de savant fou qui risque de changer à jamais votre rapport au jeu de plate-formes.

4 commentaires sur “Lee Lee’s Quest

  1. admin dit :

    Cette histoire d’étoile est assez surprenante d’ailleurs, car c’est finalement un des seuls moment d’humour méta non verbal du jeu : un power up qui s’avère en fait un truc complètement nul. Ça et la mort du vieux.
    Du coup c’est bizarre : c’est drôle, mais ça fait un peu tâche. J’aurais je crois soit préféré un jeu plus drôle dans son ensemble (hormis les voix) ou un jeu qui vraiment ne comporte pas d’autre humour que celui véhiculé par les voix. Mais bon, ça c’est mon côté puriste, oeuvres à contraintes, tout ça..

  2. Les références aux Français de « Monty Python and the Holy Grail » sont mignonnes… « I spit in your general direction » m’a prise par surprise, et Gerry comme un doux-dingue ; un niveau plus tard, j’entends « now go away or I shall taunt you a second time ». WIN.

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