Polonius

Polonius (Browser [Unity])
Eddie Cameron et Robert Yang

 

Le plus amusant, avec les contraintes, c’est de les détourner.

Je présentais hier Last Tuesday de Jake Elliott qui détournait le thème de la mini LD#27 « All Talk » en ne mettant en scène qu’un seul personnage, et créant ainsi un environnement peu propice au dialogue, voici qu’Eddie Cameron et Robert Yang détournent ce même thème d’une toute autre manière.

 

Polonius met bien en scène un dialogue, comme convenu, mais curieusement, ce dialogue exclut complètement le joueur, il implique au contraire deux hommes qui lui sont totalement étrangers. Alors qu’on s’attendait pour ce thème à une profusion de Visual Novel, Polonius adopte un gameplay non seulement complètement différent, mais aussi très original.

 

 

Dans Polonius, vous incarnez trois espions chargés d’enregistrer la conversation évoquée plus haut. Deux d’entre eux sont des « snipers » équipés de matériel de prise de son longue distance. Le dernier est un agent de filature, équipé de matériel de proximité, mais qui doit prendre garde à ne pas se faire repérer par ses cibles.

L’objectif est donc de passer d’un agent à l’autre pour ne pas rater une miette de la conversation des deux hommes. En somme, Polonius pourrait bien être le premier « Multiple-First-Person-Recorder » ou le premier « Second-Person-Talker ».

Toute la difficulté réside dans le fait de ne pas perdre ses cibles, en effet : Tous les personnages sont identiques. La seule chose qui vous permettra d’identifier les deux hommes, c’est qu’ils sont les seuls à marcher deux par deux, en ce sens, Polonius pourra rappeler le côté chasse à l’homme de The Dueling Machine.

 

Je peux d’ores et déjà deviner la question qui vous taraude peut-être : Pourquoi espionner ces hommes ? Que peuvent-ils se dirent de si important ?

Eh bien, pas grand chose…à moins qu’il ne s’agisse d’un langage codé. Peut-être qu’en réussissant à saisir la totalité de la conversation vous sauvez le décrypter. Peut-être aussi que l’information tant désirée sera lâchée à à un moment donné de la conversation et qu’il ne vous faudra pas la rater. Je vous en laisse la surprise.

 

Détail amusant : les deux hommes portent les noms de Cameron et Yang, soit les auteurs de ce jeu. S’agit-il vraiment là d’une réelle conversation improvisée entre eux deux ? Est-ce vraiment le genre de propos qu’ils échangent lorsqu’ils sont dans l’intimité ? Cette coïncidence forcée amène à se poser quelques questions. Les auteurs sont ceux qui ont créé et organisé cette petite partie d’espionnage. Étant donné qu’ils en sont les cibles, ne ferait-ils pas exprès de vous divulguer ces informations ? Et si tout était truqué ? Et si vous étiez tombés droit dans un piège ? Cela n’a pas une grande incidence sur le jeu, mais c’est le genre de question que tout bon espion doit savoir se poser.

 

On pourrait imaginer Polonius surfer sur la vague de The Wire, qu’on qualifie désormais fréquemment de « meilleure série américaine » (moi je veux bien, si on garde à l’esprit qu’elle reste néanmoins inférieure à une bonne vingtaine de séries britanniques…), mais ce n’est pas le cas. Polonius est, selon ses auteurs, davantage inspiré par « The Conversation (Conversation Secrète) » de Coppola. Je n’ai pour ma part jamais vu ce film, mais la bande-annonce me laisse comprendre que Polonius s’en est tout de même pas mal éloigné. Ceci dit, cela m’a donné envie de trouver ce film. J’en saurais ainsi bientôt plus.

7 commentaires sur “Polonius

  1. Sbstn C dit :

    J’ai beau être un gros joueur de fps, quasiment tous les jeux sous Unity, me donnent instantanément la nausée. Je ne me l’explique pas. Du coup je peux jamais les faire 🙂

  2. dit :

    C’est bien dommage, d’autant que Unity prend sérieusement de l’ampleur dans le jeu indé. C’est vraiment un handicap, comme être allergique à l’eau ou au gluten.

    Est-ce que ça ne pourrait pas être la sensibilité de la souris ? Le côté trop lisse ? Je donne moi aussi ma langue au chat.

  3. dit :

    C’est vrai qu’il y a un côté « à-coups » avec unity qui alterne une fluidité de mouvement un peu surprenante avec un système de collision un peu abrupt. Enfin c’est mon ressenti.

    Sinon j’ai bien aimé celui-là aussi ! Il fait effectivement pas mal penser à Dueling Machine mais en plus posé 😀

    « Nobody starve in america » mouahaha.

  4. Sbstn C dit :

    Oui, c’est ce rapport fluidité/à-coups je pense et je crois que je supporte mal les petites fenêtres de jeu. Quand je repense au jeu flou où il fallait chercher ses lunettes j’ai des sueurs 😮

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